La Gambie annonce qu’elle quittera la CPI et dénonce une Cour Pénale raciste

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La Gambie a annoncé ce lundi 26 octobre 2016 qu’elle quittera la CPI (Cour Pénale Internationale). Le régime de Yaya Jammeh estime en effet que la CPI ne cible les que dirigeants de couleur noire

La Gambie boude la CPI. La République Islamique de la Gambie a annoncé qu’elle se retire de la Cour Pénale Internationale. Pour le gouvernement de Yaya Jammeh, la CPI ne cible que des dirigeants noirs.

D’après la presse internationale, la Gambie justifie sa décision par le traitement racial auquel les dirigeants africains font face. « Le ministre gambien de l’information, Chérif Bodian, justifie la décision de son pays de quitter la CPI par le fait qu’elle juge qu’il s’agit en effet d’une « Cour Caucasienne Internationale », souligne Ofeibea Quist-Arcton, journaliste au NPR.

Le journaliste poursuit : « le ministre accuse la seule Cour permanente pour juger les crimes de guerre d’ignorer les crimes de guerre des nations occidentales. La CPI est accusée de poursuivre un agenda impérialiste en Afrique, berceau du partage du gâteau de ses investigations ».

« La CPI, une Cour raciale ? »

D’après les médias internationaux, toutes les personnes traduites devant la Cour Pénale Internationale depuis le traité adopté pour son érection en 1998 ont été des Africains. D’autres procès de crimes de guerre ont été menés par des tribunaux ad hoc créés après un conflit spécifique, tel que le tribunal pour la Yougoslavie et le Cambodge ou pour des procès en lien avec des crimes datant de la Seconde Guerre Mondiale.

A travers cette décision, la Gambie devient le troisième pays africain à annoncer son retrait de la Cour Pénale Internationale ce mois-ci. Le 12 octobre dernier, le Burundi, dont le président est poursuivi par le Tribunal de la Hayes, avait voté pour la sortie de son pays de la CPI. Une semaine plus tard, sa décision a été suivie par l’Afrique du Sud qui a fait part de son intention de se retirer du CPI.

« Les Etats-Unis s’inquiètent »

Le dernier chef d’Etat africain condamné par le Cour Pénale Internationale a été Jean-Pierre Bemba, ex vice-président congolais, reconnu coupable pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour viols et meurtres commis en République Centrafricaine. Il a été condamné à 18 ans de prison par la CPI.

La décision des pays africains de tourner le dos à la CPI inquiète les diplomaties occidentales, notamment les Etats-Unis. John Kirby, porte-parole du Département d’Etat, a fait part de sa « préoccupation ». Selon Kirby, la CPI « a participé à la restauration de nombreuses situations ». Pour rappel, les Etats-Unis ne sont pas membres de la CPI.