Après la Gambie et l’Afrique du Sud, le Burundi annonce qu’il quittera la CPI

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Le Burundi a annoncé ce jeudi 27 octobre 2016 son intention de quitter la CPI (Cour Pénale Internationale). La décision intervient quelques jours seulement après celle de la Gambie et de l’Afrique du Sud de tourner le dos à la Cour Pénale Internationale

Le Burundi a présenté une lettre à Ban Ki-moon, secrétaire-général des Nations-Unies, pour lui faire part de sa volonté de quitter la Cour Pénale Internationale. Selon Alain Nyamtiwe, ministre burundais des Affaires étrangères, la décision est irrévocable. « Je peux vous assurer que c’est fait. Et il n’y aura pas de retour en arrière », a-t-il martelé.

Alain Nyamtiwe poursuit : « je crois qu’il y a d’autres raisons politiques qui ont poussé la CPI à traquer les Africains. Combien de fois avez-vous entendu la CPI poursuivre des commanditaires de crime en Irak ou combien de fois avez-vous entendu la CPI poursuivre des commanditaires de crime en Afghanistan ? Je peux aller plus loin, quel groupe a été traduit devant la CPI pour crimes commis en Libye ? ».

« C’est un coup dur assené aux familles des victimes d’atrocité »

Rappelons que la décision du Burundi de quitter la CPI a été prise en début de ce mois à la suite d’une loi passée au Parlement. Mais déjà, la décision suscite la crainte des organisations des droits de l’homme. « C’est un coup dur assené aux familles des victimes d’atrocité », s’inquiète Elise Keppler, directrice associée pour le programme de Human Rights Watch.

Même si le ministre burundais des Affaires étrangères n’a pas évoqué les véritables raisons du retrait de son pays de la CPI, force est constater qu’entre le régime de Pierre Nkurunziza et la Cour Pénale Internationale, le torchon brûle. La CPI accuse en effet le Burundi de manquement aux droits de l’homme depuis l’annonce de la victoire très controversée de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat consécutif à la tête du pays.

« Les Etats membres du statut de Rome se réunissent en novembre »

En avril dernier, Fatou Bensouda, procureur-général de la CPI, avait annoncé l’ouverture d’une enquête après avoir reçu des informations faisant état d’ « exécutions, de viols, d’emprisonnements, de tortures et d’autres formes de violence sexuelle ». Des accusations qui, jusque-là, sont catégoriquement rejetées par le gouvernement burundais.

La décision du Burundi de tourner le dos à la CPI intervient quelques jours seulement après celle de la Gambie et de l’Afrique du Sud, deux nations qui ont-elles-aussi décidé de ne plus adhérer au statut de Rome de 2002 ayant permis l’érection du tribunal. L’assemblée des Etats membres du Statut de Rome devra se réunir le 16 novembre pour un dialogue sur le retrait des Etats.