Mort tragique d’un marchand de poisson : le Maroc se dirige-t-il vers son printemps arabe ?

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La mort tragique d’un marchand de poisson survenue ce vendredi 28 octobre au Maroc suscite l’indignation totale dans le pays. Des manifestations sont prévues pour réclamer que justice soit faite sur cette affaire

Les Marocains se préparent à des manifestations en grande pompe après la mort tragique d’un marchand de poisson écrasé par un camion poubelle, un incident que certains comparent à celui de 2011 en Tunisie, date à laquelle la mort d’un vendeur avait suscité le printemps arabe dans le pays et dans l’Egypte voisin.

De source proche, la police a confisqué l’espadon de Mouhcine Fikiri.B (le marchand de poisson)  avant de le détruire. La pêche de cette espèce n’est en effet pas autorisée à cette période de la saison. Dans des vidéos circulant sur internet, l’on pouvait voir Mouhcine F.B se jeter dans le camion poubelle pour récupérer son poisson avant de se faire écraser.

Les faits se sont déroulés ce vendredi dans la localité de Hoceima. Immédiatement après sa mort, le Bureau Général de Sécurité Nationale a émis un communiqué niant toute implication des policiers dans la mort de ce marchand de poisson. Mais déjà, l’affaire risque de prendre une grande ampleur au Maroc où des manifestations sont organisées un peu partout dans le pays.

« Les autorités réagissent pour éviter le pire »

De source proche, des milliers de personnes ont participé aux funérailles de Mouhcine F.B. Selon les médias, « des marcheurs brandissaient en tête de cortège un drapeau berbère, tandis que des dizaines de taxis ouvraient la marche ». Face à la gravité de l’affaire, les autorités marocaines promettent de mettre la lumière pour éviter que la situation ne dégénère.

Ce dimanche, le ministère de l’Intérieur du Royaume marocain a présenté ses condoléances à la famille de la victime au nom du Roi Mohamed VI. « Le Ministère de l’Intérieur a informé la famille de Mouhcine Fikri de la décision du roi de mener une enquête sérieuse et de traduire les responsables de cet acte en justice », précise le communiqué du ministère.