Tunisie : un ministre licencié pour avoir accusé l’Arabie Saoudite de pratiquer un Islam « extrémiste »

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Abdelhadji Ben Salem, ministre tunisien des affaires religieuses, a été démis de ses fonctions ce vendredi 04 novembre 2016 pour avoir accusé l’Arabie Saoudite de pratiquer un Islam extrémiste qui favorise la montée en puissance du terrorisme

Le ministre tunisien des Affaires religieuses a été limogé ce vendredi pour « avoir attaqué les fondations de la diplomatie » après avoir déclaré que l’Islam conservateur tel qu’il est pratiqué par l’Arabie Saoudite avait un lien avec l’extrémisme.

Une déclaration à laquelle le gouvernement tunisien a immédiatement répondu à travers un communiqué de presse dans lequel il affirme que le Premier Ministre Youssef Chahed avait démis Abdelhadji Ben Salem de ses fonctions à cause de son « attaque » aux principes diplomatiques de la Tunisie.

« Réformez votre école car le terrorisme vient historiquement d’elle »

Le communiqué précise que Ghazi Jribi, ministre tunisien de la Justice, vaquera pour le moment au poste de Ben Salem. Ce jeudi, Ben Salem a confirmé, lors d’une session au parlement, qu’il avait « osé » interrogé deux hautes autorités saoudiennes, y compris l’ambassadeur de Riyad à Tunis sur le wahhabisme comme étant « véhicule du terrorisme ».

« J’ai dit aux Saoudiens…réformez votre école car le terrorisme vient historiquement d’elle. Je vous dis ceci avec amour et modestie », rapporte la radio privée tunisienne Mosaïque citant les propos d’Abdelhadji Ben Salem. Ce dernier tentera de rectifier le tir, disant que les relations entre l’Arabie Saoudite et la Tunisie sont « complètement harmonieuse » ». Mais, trop tard.

Pour rappel, le wahhabisme, la doctrine fondamentaliste islamique pratiquée par l’Arabie Saoudite, a été pendant longtemps accusé d’avoir inspiré des idéologies extrémistes dans la région. La Tunisie a subi des attaques terroristes depuis le printemps arabe de 2011. Parmi ces attaques, l’on peut citer celle de 2015 dans laquelle de nombreux touristes avaient péri.