Génocide : le Rwanda ouvre une enquête criminelle contre 20 autorités françaises

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Les autorités rwandaises ont officiellement ouvert une enquête criminelle ce 30 novembre 2016 pour traduire en justice 20 autorités françaises accusées d’avoir pris part au génocide rwandais de 1994. La justice rwandaise espère une coopération judiciaire réciproque de la part de la France

Le Bureau du Procureur rwandais a ouvert une enquête criminelle pour poursuivre 20 autorités françaises accusées d’être impliquées dans le génocide rwandais de 1994 contre les Tutsis. Ces poursuites pourraient donner lieu à des condamnations criminelles, nous apprend le quotidien rwandais, Newtimes.co.rw.

Toujours selon le quotidien rwandais, le Bureau du procureur n’a pas rendu public les noms des autorités visées par cette enquête criminelle, mais d’après un dossier récemment publié par la Commission Nationale de la Lutte contre le Génocide (CNLG), il s’agit en effet de plusieurs autorités diplomatiques et militaires. Elles sont accusées d’avoir joué plusieurs rôles dans l’exécution du Génocide qui a fait au moins 1 million de morts.

« La responsabilité des autorités françaises compétentes a été formellement engagée »

Dans un communiqué publié par le Bureau du procureur et signé par Richard Muhumuza, l’on pouvait lire ceci : « l’enquête se focalise désormais sur 20 individus qui, d’après les informations que nous avons rassemblées jusque-là, sont appelés par le Bureau du procureur à s’expliquer et à clarifier les allégations qui leur sont attribuées afin que les autorités puissent conclure si elles devraient formellement être condamnées ou pas ».

Le document de la CNLG a en effet mis à nu le rôle des ambassadeurs français qui étaient accrédités au Rwanda à des périodes différentes entre 1990 et 1994 et plusieurs autorités militaires. Elles sont accusées d’avoir pris part au Génocide qui s’est produit entre le 7 avril et 3 juillet 1994.

Dans le communiqué, le Bureau du procureur ajoute : « la responsabilité des autorités françaises compétentes a été formellement engagée. Le Bureau du procureur général espère une coopération judiciaire réciproque durant toute l’enquête de la part des autorités et des agences gouvernementales françaises ».

« Un corridor pour acheminer les génocidaires vers la RDC »

D’après une source qui s’est confiée à Newtimes.co.rw, toute l’enquête se déroulera en France, étant donné que la plupart des autorités inculpées vivent dans ce pays. La source ajoute que la réussite de cette enquête criminelle dépendra du niveau de coopération qu’ils obtiendront de leurs collègues français.

Il est important de rappeler que Paris a été un allié clé du gouvernement rwandais qui avait commis le Génocide de 1994 avant qu’il ne soit défait par le Front Patriotique Rwandais (FPR). Les autorités françaises sont également accusées d’avoir participé aux assassinats et aux interventions destinés à protéger les commanditaires, en créant un corridor pour les acheminer vers la République Démocratique du Congo (RDC).

 

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