Résolution à l’ONU : John Kerry s’attaque à Israël et le qualifie d’ « extrême-droite »

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Cinq jours après le vote de l’ONU mettant fin à la colonisation juive en « territoires palestiniens occupés », John Kerry a tenu un discours poignant, fustigeant la politique d’Israël en Cisjordanie et qualifiant le gouvernement de Benjamin Netanyahou de gouvernement « d’extrême-droite »

Cinq jours après le vote de la résolution 2334 de l’ONU mettant fin à la colonisation juive en « territoires palestiniens occupés », le gouvernement de Benjamin Netanyahou ne pouvait pas s’attendre à un nouveau coup de massue qui, cette fois-ci, provient de l’administration Obama.

Ce mercredi, c’est John Kerry, Secrétaire d’Etat américain, qui s’en est sévèrement pris à Israël dénonçant vigoureusement la colonisation juive en Cisjordanie. Pour John Kerry, la colonisation juive en Cisjordanie menace de détruire la viabilité d’une solution à deux Etats qui doit être apportée au conflit israélo-palestinien.

« Une coalition d’extrême-droite »

Le Secrétaire d’Etat américain estime que la décision à deux Etats est une condition sine qua non pour la survie de l’Etat d’Israël. « Aujourd’hui, il y a des Juifs et des Palestiniens qui vivent entre la Jordanie et la mer méditerranée. Ils ont le choix. Ils peuvent vivre ensemble dans un seul Etat ou ils peuvent se séparer en deux Etats », martèle-t-il.

Le Secrétaire d’Etat américain continue : « voici la réalité fondamentale : si le choix est un seul Etat, Israël peut être soit Juif ou Démocrate (pas les deux) et il ne sera plus jamais en paix. De surcroît, les Palestiniens ne profiteront jamais pleinement du grand potentiel d’une terre qui est la-leur avec une solution à un seul Etat ».

Dans son discours, John Kerry s’attaque violemment à Benjamin Netanyahou. « (…) Nous devons être conscients de ce qui se passe en Cisjordanie. Le Premier Ministre israélien soutient une solution à deux Etats, mais sa coalition actuelle est la plus à l’extrême-droite dans toute l’histoire d’Israël, avec un agenda mené par ses éléments les plus extrêmes ».

« Kerry dénonce une politique israélienne qui mène au sens inverse »

Toujours en s’attaquant au gouvernement de Netanyahou, John Kerry ajoute : « le résultat est que les politiques menées par ce gouvernement (avec un Premier ministre qui se décrit comme étant ‘le plus engagé dans cette colonisation que tout autre premier ministre dans l’histoire d’Israël’) mènent au sens inverse, vers un seul Etat ».

Le Secrétaire d’Etat américain dénonce une mainmise de l’Etat d’Israël sur une bonne partie de la Cisjordanie « pour ses propres motifs ». John Kerry s’est demandé, dans son discours, si le peuple israélien a vraiment connaissance de l’étendue et du caractère systématique de cette colonisation.

« Kerry note une hausse significative de la colonisation juive en Cisjordanie »

Le secrétaire d’Etat s’appuie sur des chiffres pour étayer ses arguments. « Le nombre de colons dans les 130 colonies des frontières de 1967 a augmenté considérablement. Les colons en Cisjordanie (sans compter ceux qui se sont implantés à l’est de Jérusalem) ont atteint presque les 270 000 depuis les accords d’Oslo, y compris 100 000 à la fin du premier mandat d’Obama ».

John Kerry va plus loin et parle carrément d’ « occupation militaire » de la Cisjordanie par Israël. « Il y a en ce moment près de 2,75 millions de Palestiniens qui vivent sous une occupation militaire en Cisjordanie. (…) Leurs déplacements quotidiens sont restreints par une série de checkpoints, ils sont incapables de quitter la Cisjordanie sans l’autorisation d’Israël. Donc, s’il y a un seul Etat, des millions de Palestiniens vivront enclavés (…) sans droits politiques ».

« Kerry ignore les racines du conflit »

La réponse de Benjamin Netanyahou n’a pas tardé à tomber. Netanyahou se fâche et s’attaque au discours « biaisé » de John Kerry qui, selon lui, ignore « les racines du conflit ». « Pendant plus d’une heure, Kerry a fait de la question de la colonisation une obsession et a à peine touché les racines du conflit (la résistance palestinienne à l’Etat juif sans aucune frontière) », souligne le Premier ministre israélien.

Cette intervention de l’administration américaine sur la résolution passée ce vendredi 23 décembre à l’ONU risque de créer une véritable guerre diplomatique entre Israël et son principal allié. L’arrivée de Trump changera-t-elle la donne ? Difficile de répondre à cette question. Mais, une chose est sûre : entre Bibi et Obama, le torchon brûle.