Gambie : Yaya Jammeh désavoue la CEDEAO et se prépare à la « guerre »

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Ce 31 décembre 2016, lors de ses vœux de nouvel an, Yaya Jammeh a promis un bras de fer à la CEDEAO qui menace de le déloger du pouvoir « par tous les moyens »

Yaya Jammeh est imparable. Le dictateur gambien, qui s’agrippe au pouvoir après avoir pourtant reconnu sa défaite, se dit prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. Alors qu’une négociation est entreprise par la CEDEA pour sa sortie, Yaya Jammeh reste campé sur sa position. Il se dit prêt à la guerre.

Lors de ses vœux de nouvel an adressés aux Gambiens ce samedi, il dit : « je veux être clair sur le fait que nous sommes prêts pour défendre notre pays contre toute agression et il n’y aura aucune négociation ». Dans son discours adressé à la nation, le dictateur s’attaque à la CEDEAO.

« C’est une déclaration de guerre et une insulte à notre constitution »

« Ce qui est clairement incontestable est la décision de la CEDEAO d’imposer les résultats du 1er décembre 2016 par tous les moyens possible. Ceci est totalement illégal car c’est une violation du principe de non-ingérence dans les affaires internes des Etats membres, qui est une clause établie par la CEDEAO », dénonce Yaya Jammeh.

Le dictateur parle de « déclaration de guerre ». « C’est en effet une déclaration de guerre et une insulte à notre constitution. En conséquence, c’est totalement inacceptable. Cette approche unidimensionnelle, flagrante et impartiale démontre que le rôle de la CEDEAO n’est pas fondé sur la recherche de la justice pour résoudre une impasse ».

« Un médiateur doit être neutre et impartial »

Toujours s’attaquant à la CEDEAO, Jammeh dira : « ce parti pris de la CEDEAO l’a aussi disqualifiée dans son rôle de médiateur car un médiateur doit être neutre et impartial pour gagner la confiance des parties en conflit…Nous ne participerons donc pas aux négociations conduites par la CEDEAO si elle ne respecte pas la constitution gambienne ».

Pour Jammeh, l’impasse continuera tant que la constitution gambienne ne sera pas respectée. « Sans cette quête de justice dans la Constitution gambienne et l’élimination de la menace d’un recours à la force…l’impasse continuera et pourrait donner naissance à une confrontation militaire », avertit-il.

« Une confrontation militaire se profile-t-elle à l’horizon ? »

La réaction de Yaya Jammeh est en effet une réponse aux déclarations de la CEDEAO qui avait fait savoir qu’elle ferait recours à des actions par « tous les moyens possible » pour résoudre la situation politique en Gambie. Marcel de Souza, président de la Commission de la CEDEAO, n’avait pas écarté l’hypothèse d’une intervention militaire pour restaurer le climat de paix si les médiations entreprises par le Nigeria venaient à échouer.

La situation risque de s’empirer étant donné qu’Adama Barrow, donné vainqueur à la présidentielle de décembre, a promis qu’il fera son investiture le 19 janvier 2017 malgré le refus de Jammeh de reconnaître les résultats des urnes. Les pays membres de la CEDEAO ont tous promis d’assister à cette cérémonie d’investiture qui marquera la fin du mandat de Yaya Jammeh.