Donald Trump sera assassiné s’il ne joue pas le jeu des services de renseignement

2
5715
Republican presidential nominee Donald Trump arrives for a rally at Spooky Nook Sports center in Manheim, Pennsylvania on October 1, 2016. / AFP PHOTO / MANDEL NGAN

Jamais dans l’histoire des Etats-Unis, un Président n’a été aussi malmené par les services de renseignement avant sa prise de fonction. La relation entre Trump et les renseignements américains va de mal en pis et chaque jour révèle les dessous d’une guerre tacite entre le 45ème Président américain et les agents de renseignements, des agents superpuissants qui peuvent changer le destin d’un homme d’Etat.

Tout a commencé le 9 Novembre 2016, lendemain de la victoire de Trump aux élections américaines. L’élection de Trump a été une surprise générale aussi bien pour le reste du monde que pour l’establishment américain qui en réalité avait fortement misé sur Hillary Clinton, personnalité du sérail, ancienne Première Dame et Ex Secrétaire d’Etat américain.

A l’annonce de la victoire de Trump, les services de renseignement ont immédiatement activé tous leurs réseaux pour abattre un homme dont la volonté de se rapprocher de la Russie, maintes fois évoquée pendant la campagne présidentielle, gênait profondément jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Il n’a fallu que quelques heures seulement pour que les médias mainstream très proche de l’establishment s’invitent à cette tentative de ternir la victoire de Trump, une victoire pourtant largement méritée, si on en tient compte la guerre médiatique qui a été déclarée au richissime milliardaire américain depuis le début de l’annonce de sa candidature.

L’appareil d’Etat américain ne s’est jamais senti aussi désespéré, aussi vulnérable et aussi inquiet. Pour décrédibiliser la victoire de Trump, des informaticiens hautement qualifiés ont été soudoyés pour déclarer, à leur corps défendant, que des manipulations ou des actes de piratage d’une grande ampleur ont eu lieu durant les élections. Une situation qui a mené au recomptage des votes dans trois Etats : Wisconsin, Pennsylvanie et Michigan.

Mais, cela ne change rien. La victoire de Trump reste tout de même incontestable. Désespérés et inquiets de voir un rapprochement avec un ennemi juré, les services de renseignement ont alors choisi une autre stratégie, cette fois-ci plutôt risquée, mais plus décisive car elle ferait avorter sans aucun doute toute tentative de rapprochement entre la Russie de Poutine et les Etats-Unis.

Le 10 décembre 2016 : début d’un bras de fer tendu. La CIA, dans un briefing présenté à des Sénateurs américains, accuse ouvertement la Russie d’avoir interféré dans les élections américaines. Face au démenti russe, les services de renseignement persistent et signent et affirment que les autorités russes ont clairement voulu favoriser Trump au détriment d’Hillary Clinton.

Le 30 décembre 2016 : Barack Obama donne le coup d’envoi d’une énième guerre diplomatique Etats-Unis-Russie. En manque d’idées et fortement critiqué pour son laxisme, le Premier Président Noir des Etats-Unis (et Prix Nobel de la Paix) expulse manu militari 35 diplomates russes pour protester contre l’ingérence de la Russie dans les élections américaines. Il va plus loin, promettant de recourir à d’autres sanctions si nécessaire.

L’objectif d’Obama, qui n’a fait que suivre au pied de la lettre les conseils de John Brennan N°1 de la CIA, a été de rendre plus conflictuelles les relations entre la Russie de Poutine et l’administration Trump. Au moment où les deux puissances tentent de se séduire, l’administration Obama, en partenariat avec la CIA, brise tout et les remet en position antagoniste.

Nul besoin de s’attarder sur ce sabotage orchestré par les services de renseignement américains qui n’ont, en réalité, jamais digéré l’arrivée de Trump à la Maison Blanche. Mais, ce qui attire mon attention dans cette histoire est la témérité et la véhémence de Trump à leur tenir tête par tous les moyens.

Le nouveau président américain est le seul depuis John Fitzgerald  Kennedy à oser affronter la CIA et le FBI. En ce début janvier, à seulement quelques jours de son investiture, Trump n’a jamais reculé d’un seul iota de sa position. D’ailleurs, son entourage évoque que le Président veut réformer les services de renseignement dont le travail est jugé très « politisé ». Il est l’un des rares présidents américains à avoir effleuré une idée pareille.

Ce mercredi 11 janvier 2016, Trump se fâche à la suite d’une révélation des services de renseignement que la Russie de Poutine détient un dossier compromettant sur sa vie privée et sa situation financière. Trump, conscient du fait qu’il s’agissait d’une véritablement mise en scène avec l’objectif de l’écarter de la Russie, déclare ouvertement la guerre au renseignement américain à travers une question : « sommes-nous en Allemagne nazie ? ».

Une comparaison qui a profondément gêné le patron de la CIA qui ce samedi a réagi sur Fox News : « ce que je trouve insultant est de comparer un service de renseignement à l’Allemagne nazie », s’est irrité John Brennan. Il ajoute : « J’ai pris ombrage de cela et Trump n’a aucun droit de pointer du doigt les renseignements pour avoir publié une information qui était déjà publique ». John Brennan a aussi conseillé à Trump de « garder sa langue ».

Mais, rien. Ce lundi 16 janvier, Trump a, à nouveau, franchi un nouveau palier dans le bras de fer qui l’oppose aux services de renseignement américains, en traitant le patron de la CIA de propagateur de « fausses informations » dans un twitte publié sur son compte personnel à 1H16 du matin.

Ce bras de fer en dit long sur les dessous d’une guerre sans merci entre un Président, fraîchement élu et qui croit dur comme fer à ses convictions et des services de renseignement américains qui, veulent à tout prix, lui dicter une politique étrangère à suivre. Ce bras de fer risque de très mal se finir si Trump refuse d’obtempérer aux ordres des agents.

Je pense personnellement (et ceci n’engage que moi) que Donald J. Trump, 45ème Président des Etats-Unis, sera assassiné avant la fin de ses deux mandats s’il s’aventure à chercher un rapprochement à tout prix avec la Russie. La volonté des services de renseignement américains de faire disparaître la Russie de la carte ou de l’affaiblir considérablement a toujours été un secret de polichinelle.

Pour le moment, la rage des agents de renseignement contre le nouveau Président des Etats-Unis est à son comble. L’incontrôlable Trump a intérêt à jouer le jeu s’il ne veut pas finir comme Kennedy.

Edito signé : Cheikh Tidiane DIENG, Rédacteur en chef du site www.lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com

Twitter : @Cheikh_Redac

2 Commentaires