Accusée de financer les terroristes, l’Arabie Saoudite dément et exige des preuves de la France

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Adel al-Jubeir, ministre saoudien des Affaires étrangères, a réagi cette semaine aux allégations des hommes politiques français qui accusent l’Arabie Saoudite de financer un Islam intolérant en France. Adel al-Jubeir dément et demande à ceux qui accusent son pays de fournir des preuves

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a riposté face aux allégations des candidats à la présidentielle française qui continuent à pointer du doigt la responsabilité de l’Arabie Saoudite dans le financement d’un Islam extrémiste en France. Selon les candidats français à la présidentielle, les relations bilatérales entre les deux pays doivent être revues.

Réagissant à ces allégations, Adel al-Jubeir dira : « je ne peux faire de commentaires sur ce qui est dit pendant la campagne présidentielle, mais je sais qu’il y a une mauvaise perception de l’Arabie Saoudite. Les gens disent que l’Arabie Saoudite c’est extrémisme, l’Arabie Saoudite c’est l’intolérance, que l’Arabie Saoudite finance des institutions radicales et je dis toujours que ce n’est pas vrai ».

« Montrez-moi des preuves »

Adel al-Jubeir demande à tous ceux qui accusent l’Arabie Saoudite de financer le terrorisme de fournir des preuves. « Lorsque les gens disent que l’Arabie Saoudite finance cela, je leur dis : ‘montrez-moi des preuves’. Personne n’a rien à montrer mais l’image (que le Royaume finance le terrorisme) est restée figée et devient une réalité », ajoute-t-il.

Pour le ministre saoudien des Affaires étrangères, ce serait naïf que le Royaume saoudien finance des terroristes dont l’objectif est d’attaquer la Mecque ou Médine. « Les extrémistes veulent la Mecque et Médine. Quand les gens pensent que nous finançons une idéologie dont l’objectif est de nous tuer, c’est penser que nous sommes soit naïfs soit pas intelligents », souligne-t-il.

Adel al-Jubeir appelle les autorités françaises à se focaliser davantage sur les liens politiques, commerciaux et sécuritaires et qu’ils nouent des partenariats avec Riyad sur la gestion des marchés du pétrole et les investissements financiers qui participent à la croissance de l’économie mondiale.

« Les candidats de Droite haussent le ton face à l’Arabie Saoudite »

Les déclarations du ministre saoudien des Affaires étrangères interviennent au moment où de nombreux politiciens français établissent un lien direct entre l’Arabie Saoudite et le Wahhabisme religieux. D’ailleurs, l’ambassade saoudienne a confirmé le financement de huit mosquées en France, à un coût évalué à 3,7 millions d’euros. L’Arabie Saoudite a également payé 14 Imams prêchant dans des mosquées de l’Hexagone.

A quelques mois des élections, les candidats de Droite, François Fillon et Marine Le Pen ont haussé le ton, dénonçant vigoureusement les financements du Royaume saoudien pour promouvoir un islam wahhabite et intolérant. Pour protester contre ces financements saoudiens, François Fillon avait lui-même déclaré que la France doit revoir ses relations avec l’Arabie Saoudite.