Bernard-Henry Lévy s’attaque à la campagne Boycott Israël qu’il qualifie d’ « antisémite »

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French philosopher and writer Bernard-Henri Levy addresses the United Nations General Assembly, Thursday, Jan. 22, 2015. The U.N. General Assembly is holding its first-ever meeting devoted to anti-Semitism in response to a global increase in violence against Jews — a meeting scheduled even before the recent attack on a kosher supermarket in Paris. (AP Photo/Richard Drew)

Dans une interview accordée à la chaîne CNN ce week-end, le philosophe français Bernard-Henry Lévy s’est attaqué à la campagne BDS (Boycott, Divestment et Sanctions) qu’il considère comme une campagne antisémite

Invité sur CNN par le journaliste américain, Fareed Zakaria dans son émission GPS, le philosophe français, de confession juive, Bernard-Henry Lévy, a en effet souligné que la campagne de boycott des produits israéliens communément à BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) est basée sur la haine des Juifs.

Il dira : « Je veux dire aux fervents adeptes de la campagne BDS, je veux leur dire du fond de mon cœur, parce que je ne suis pas sûr qu’ils le savent, ceci est une campagne antisémite. Cette campagne BDS a commencé il y a longtemps, il y a 60 ans, dans les rangs d’un nazisme à l’agonie ».

« Y-a-t-il un espace au Moyen-Orient pour un Etat juif ? »

Bernard-Henry Lévy ajoutera : « la première fois que le boycott a été recommandé contre Israël (…). Ce fut sous les ordres des Nazis qui s’étaient évadés de l’Allemagne et qui se s’étaient réfugiés en Irak et en Syrie, d’où ils ont construit cette campagne. BDS existe en France et partout dans le monde, mais a beaucoup de force dans la côte ouest des Etats-Unis ».

Pour Bernard-Henry Lévy, c’est tout à fait « démocratique » que des personnes aiment ou détestent Israël. Il estime d’ailleurs que de nombreuses femmes courageuses et des hommes à l’intérieur d’Israël tiennent ce discours. Toutefois, il pose une question : « y-a-t-il un espace au Moyen-Orient pour un Etat juif ? ».

A la question du journaliste de savoir si cette recrudescence de l’antisémitisme est passagère ou s’agit-il là d’une tendance inquiétante, il rétorque : «  c’est le signe d’une tendance et le vrai espoir n’est pas que cela disparaîtra, le seul espoir est que la démocratie descente trouvera les moyens de le contenir. Le seul problème avec le racisme en général, ce n’est pas de l’éradiquer mais de le contenir, d’y résister, de s’y opposer et les grandes démocraties telles que l’Amérique, telles que la France sont assez mûres pour construire ces murs ».

« Ceux qui veulent partir sont les antisémites »

Bernard-Henry Lévy ajoute : « Et voici un de nos messages que nous avons essayé de transmettre dans le livre ‘Génie du Judaïsme’. Quels sont les murs ? Quelles sont les façons de le contenir ? Les juifs dans le monde sont forts, forts avec leurs valeurs, forts grâce à leur mémoire, forts grâce à leur envie de connaître. Ceci est une force incroyable plus forte que l’antisémitisme ».

Il considère que les Juifs qui veulent quitter la France sont aussi antisémites. « Dans mon pays, il y a un débat sur la question de savoir si les Juifs doivent quitter la France ou pas. Ma réponse est que ceux qui veulent quitter la France ne sont pas des Juifs car les Juifs ont beaucoup participé à la construction de la France, ils ont construit son système politique, sa langue. Ceux qui veulent partir sont les antisémites qui ne veulent que déconstruire et détruire ce pays. Ils partiront avant que je ne parte, c’est sûr ».