Bachar al-Assad : « je ne me soucie pas de François Hollande avec ses 11% de popularité »

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Dans une interview exclusive accordée à Europe 1 et TF1, Bachar al-Assad, actuel président de la Syrie, s’est durement attaqué à la politique étrangère de la France et sa lutte contre le terrorisme

Le président syrien a accordé une nouvelle interview à deux médias français ce jeudi. L’interview a été menée à Damas, dans la capitale syrienne et a principalement été centrée sur l’avenir de la Syrie, de sa lutte contre le terrorisme et de son armée accusée de mener une répression sanglante contre des civils.

Sur la question de savoir s’il a gagné la guerre après la victoire d’Alep, Bachar al-Assad rétorque : « non, je ne crois pas qu’on peut parler d’avoir gagné la guerre avant d’avoir battu les terroristes partout en Syrie. Il s’agit seulement d’un pas important sur le chemin qui va nous conduire à battre et éliminer le terrorisme dans notre pays ».

« Il revient au gouvernement de reprendre le contrôle de tout le territoire »

Pour Bachar al-Assad, ce ne sera une mission facile. Car, les terroristes, selon lui, ont le soutien de pays occidentaux. « Je pense que ce sera un long chemin et ce pour une simple raison : les terroristes ont le soutien de nombreux pays occidentaux y compris la France, le Royaume-Uni ainsi que la Turquie et l’Arabie Saoudite ou le Qatar dans notre région ».

Sur les objectifs militaires de la Syrie dans sa lutte contre le terrorisme, Bachar al-Assad parle de récupérer « chaque pouce de son territoire afin de le ramener sous le contrôle de son gouvernement ». « Il revient au gouvernement de reprendre le contrôle de tout le territoire », martèle le président syrien.

« Quiconque porte une arme dans mon pays  et tue des gens est un terroriste »

Sur la question de savoir pourquoi Daesh ne représente pas une menace spécifique pour lui, il répond : « ma réponse se constitue de deux points : premièrement, c’est que ce n’est pas nous en tant que gouvernement qui les qualifions de terroristes, mais c’est la loi qui les considère ainsi, de même le droit international. Quiconque porte une arme dans mon pays ou dans le vôtre et se met à tuer des gens et à détruire des biens est un terroriste. C’est un concept international et donc, nous ne sommes pas les seuls à le définir ainsi. (…) ».

Il continue : « lorsque vous dites que les Français ou les Européens s’inquiètent de Daesh, cela veut dire que l’on ne comprend pas bien la situation. Daesh est une conséquence et non le problème d’origine. Le problème réside dans l’idéologie de Daesh qui est la même idéologie pour le Front Al-Nostra et de nombreuses autres organisations qui adoptent une idéologie similaire ».

Le président syrien conseille l’Occident de s’inquiéter de ces terroristes. « Vous devriez vous inquiéter de ces terroristes qui n’ont que faire d’appartenir à Daesh ou à al-Nosra. Ils mettent en œuvre ce que leur idéologie leur commande de faire c’est-à-dire essentiellement des actes terroristes ».

« Nous ne sommes pas un régime »

Le président syrien ne fait aucune différence entre Daesh et les groupes qui combattent en Syrie. « Absolument, en Syrie, toutes ces organisations ont les mêmes racines, les mêmes personnes qui faisaient partie de Daesh appartenaient avant à al-Nosra. Maintenant, ils passent d’une organisation à une autre car toutes ces organisations ont la même idéologie. C’est l’idéologie wahhabite qui est l’origine de ce terrorisme », soutient-il.

Dans son interview, Bachar al-Assad refuse totalement le mot « régime » qui est attribué à son gouvernement. « Premièrement, nous ne sommes pas un régime. Nous sommes un Etat avec des institutions. Deuxièmement, c’est bien là la diabolisation de la Syrie, de son gouvernement syrien, de son armée par les principaux médias et les milieux politiques occidentaux qui ont soutenu au tout début ces soi-disant modérés ».

« Nous ne permettrons pas à Amnesty de venir ici sous aucun prétexte »

Bachar al-Assad poursuit : « L’occident n’a pas à choisir entre moi et Daesh. C’est à mon peuple de le faire parce que c’est une question purement syrienne. Donc, nous n’avons que faire de ce que les responsables occidentaux pensent de tout cela. Ils feraient mieux de s’inquiéter de leur propre population, de les protéger des attaques terroristes qui ont lieu à cause de leurs politiques ».

Dénonçant le rapport mensonger d’Amnesty International qui parle de torture et de pendaison dans une prison syrienne, Bachar al-Assad dira : « est-ce que vous accepteriez si vous demandez à votre gouvernement qu’une délégation syrienne soit envoyée chez vous pour enquêter sur les raisons pour lesquelles votre armée sous Sarkozy puis sous Hollande a attaqué des Libyens et tuer des dizaines et des centaines de milliers d’entre eux ? Est-ce que nous pouvons enquêter sur l’argent Sarkozy a reçu de Kadhafi ? Nous ne permettrons pas à Amnesty de venir ici sous aucun prétexte ».

« Je ne me soucie pas aucunement de lui »

Parlant de la France, le président syrien ne mâche pas ses mots. « La politique de la France depuis le premier jour à consister à soutenir les terroristes en Syrie. Elle est directement responsable des tueries dans notre pays. Je ne les accuse pas. Ce sont eux qui disent à plusieurs reprises d’avoir soutenu la guerre. Hollande a même déclaré que cela fut une erreur de ne pas avoir déclenché la guerre en 2013. Ce sont eux qui ont envoyé de l’armement à ceux qu’ils appellent ‘groupes modérés’ et qui sont en fait des terroristes ».

Dans l’interview, Bachar Hollande ridiculise l’actuel président français, François Hollande qui s’apprête à quitter le pouvoir. « Je n’ai jamais rencontré François Hollande. Pour être franc, je ne me soucie aucunement pas de lui et avec ses 11% de popularité, ce que je pense s’appelle toucher le fond comme jamais aucun de ses prédécesseurs dans l’histoire de France ».

« On préfère quelqu’un qui n’est pas fauteur de guerre »

Sur la question de savoir s’il suit la campagne électorale française, le président syrien rétorque : « bien sûr dans les grandes lignes, pas dans dans les détails. En fait, nous ne misons pas sur les élections dans les pays occidentaux pour la simple raison que nous ne prenons pas les dirigeants occidentaux aux mots quand ils font campagne. Ce qu’ils disent c’est pour gagner des électeurs et non dans l’intérêt de leurs pays. C’est un fait. Je vous parle franchement ».

Sur la question de savoir s’il voit une différence entre la Droite et la Gauche sur la question syrienne, Bachar répond : « oui, on peut constater une différence, mais l’importance c’est bien la politique du président élu, est-ce qu’elle est conforme à ce qu’il prônait pendant ses élections ou non ? Telle est la question. Donc, nous ne misons pas là-dessus. Evidemment, on préfère quelqu’un qui n’est pas fauteur de guerre ».

Pour regarder l’intégralité de l’interview, cliquez ici : www.europe1.fr