Exclusive : l’armée américaine a utilisé des armes à l’uranium appauvri 5 265 fois en Syrie

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U.S. Soldiers depart Forward Operating Base Baylough, Afghanistan, June 16, 2010, to conduct a patrol. The Soldiers are from 1st Platoon, Delta Company, 1st Battalion, 4th Infantry Regiment. (DoD photo by Staff Sgt. William Tremblay, U.S. Army/Released)

L’armée américaine a confirmé ce jeudi 16 février qu’elle a utilisé de l’uranium appauvri en Syrie. L’uranium appauvri pose un sérieux problème environnemental et les défenseurs des Droits de l’Homme sont sous le choc

L’armée américaine a utilisé de l’uranium appauvri pour détruire le groupe Etat Islamique en Syrie après avoir pourtant juré de ne jamais recourir à cette substance. La révélation a été faite ce jeudi par le Washington Post et International Business Times. Elle a été confirmée par des membres de l’armée américaine.

« Je peux confirmer l’usage d’uranium appauvri », a avoué Jacques Josh, commandant de l’armée américaine. Ce dernier ajoute que cette substance avait été utilisée par l’armée américaine pour s’assurer de la destruction à 100% des camions utilisés par Etat Islamique pour le transport de son pétrole illicite.

« 5 265 cartouches contenant de l’uranium appauvri ont été tirées »

D’après Washington Post qui cite le Pentagone, l’aviation américaine a tiré des milliers de cartouches contenant de l’uranium appauvri durant deux raids aériens menés en 2015 en Syrie. Washington Post rapporte que la munition, une balle de 30 mm contenant de l’uranium appauvri et appelée PGU-14, a été signalée pour la première fois dans une enquête menée par Air Wars-Foreign Policy.

Washington Post va plus loin, précisant que 5 265 cartouches contenant de l’uranium appauvri ont été tirées le 16 novembre 2015 et le 22 novembre 2015. Les attaques étaient menées lors de l’opération Tidal Wave II dans la partie Est de la Syrie et elles visaient des réserves de pétrole appartenant au groupe Etat Islamique.

« Nous avions été très surpris d’entendre qu’elles ont été utilisées »

L’affaire est d’autant plus sérieuse que le Pentagone avait juré que les forces de la coalition n’utiliseraient jamais des armes contenant de l’uranium appauvri dans la guerre contre Etat Islamique. « Les Etats-Unis et la coalition n’ont jamais utilisé et n’utiliseront jamais des armes contenant de l’uranium appauvri ni en Irak, ni en Syrie durant l’opération Inherent Resolve », avait déclaré en Mars 2015 John Moore, porte-parole de la coalition contre Daesh.

L’information suscite l’indignation. L’Organisation contre les Munitions à Uranium (Coalition to Ban Uranium Weapons), se dit surprise. « Etant donné la honte internationale associée à l’usage des armes à uranium, nous avions été très surpris d’entendre qu’elles ont été utilisées dans des opérations en Syrie », a déploré Doug Weir, membre de l’organisation.

« Un problème environnemental »

L’Organisation a souligné que l’usage des armes à uranium « pose un risque à la santé des populations civiles et doivent être isolées ». L’usage des armes pose en effet un problème environnemental. « Je pense que c’est un sujet de droit humanitaire international auquel on doit prêter attention. (…) On a besoin d’un environnement sain que les gens peuvent utiliser », a fait savoir Cymie Payne, professeur d’Ecologie à l’Université de Rutgers.

Il est important de souligner que l’uranium appauvri est un produit dérivé de l’uranium utilisé pour alimenter les réacteurs nucléaires. L’uranium appauvri est à 0,7% aussi radioactif que l’uranium naturel. Son usage peut causer un sérieux problème de santé publique (cancer et anomalies congénitales) et reste très décrié par les défenseurs des droits de l’homme. Cependant, jusqu’ici, son usage n’est pas encore banni par le droit international.

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