En colère, l’ex chef du Mossad s’attaque sévèrement à la politique étrangère d’Israël

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Ce mardi 21 mars, Tamir Pardo, ex chef du Mossad (service de renseignement israélien) s’est attaqué à la politique qu’est en train d’être menée par l’Etat d’Israël. Il a sévèrement dénoncé l’occupation de la Cisjordanie par l’Etat hébreux avant d’appeler à une intégration économique d’Israël dans la région, une condition sine qua non pour la « survie d’Israël »

L’ex chef du Mossad, service de renseignement israélien, s’est durement attaqué à la politique qui est en ce moment menée par l’Etat hébreux. Tamir Pardo a en effet mis en garde les autorités israéliennes contre l’éventualité de voir le pays devenir un Etat binational. Il regrette que l’Etat hébreux n’ait pas pris de braves décisions.

« Israël a décidé de ne pas choisir, de fermer ses yeux et de marcher tout droit dans l’espoir que le conflit se résoudra tout seul. Peut-être que les Arabes disparaîtront un jour, un miracle cosmique ou divin se produira », dit Tamir Pardo en marge de la Conférence Meir Dagan qui s’est tenue à Netanya.

« Israël a une seule menace existentielle »

L’ex chef du Mossad s’inquiète qu’Israël devienne enfin un Etat binational. « A la fin, nous deviendrons un Etat binational dans lequel tous les citoyens auront les mêmes droits. Est-ce cela notre souhait ou est-ce cela une vision sioniste ? C’est cela que nous voulons laisser à nos enfants ? L’horloge est en marche et le temps est venu pour nous de choisir un chemin ».

Dans son discours, repris par de nombreux médias israéliens dont Jerusalem Post, Tamir Pardo semble appuyer la position de Benjamin Netanyahou pour qui des intérêts communs ont amené des opportunités de rapprochement entre Israël et le monde arabe. Toutefois, il estime que ces liens ne pourraient pas être totalement cultivés sans une solution au conflit palestinien.

Dans son discours, Pardo s’est aussi attaqué à la colonisation juive en Cisjordanie. Sur ce, il dira : « Israël a une seule menace existentielle. C’est une bombe à retardement. Nous avons choisi de nous enfoncer la tête dans le sable, de nous nourrir de faits alternatifs et de nous échapper de la réalité en créant une variété de menaces. Entre la Jordanie et la Mer méditerranéenne, les enfants des deux religions vivent côte-à-côte, Juifs et Musulmans, et leur nombre est égal ».

« Vivre avec des faits alternatifs abrite un désastre pour la vision Sioniste »

Il ajoute : « Les résidents non-juifs de la Judée-Samarie vivent sous occupation. C’est la définition donnée par Israël, ce n’est pas la mienne. La loi sur ce territoire est telle que nous l’avons faite, un système de justice militaire qui est soumis à l’autorité des forces de défense israélienne (…) ». Il dénonce la responsabilité d’Israël dans la bande de Gaza. « Israël est responsable de la situation humanitaire et c’est l’endroit du monde (Gaza) qui a le plus gros problème aujourd’hui ».

S’adressant à son audience, Tamir Pardo appelle les dirigeants israéliens à prendre des décisions courageuses. « Israël doit faire face à la réalité démographique et décider quel genre d’Etat il veut être. Vivre avec des faits alternatifs abrite un désastre pour la vision Sioniste. La clé pour sauver l’Etat exige un leadership courageux », souligne-t-il.

« La coalition Assad, la Russie et le Hezbollah a placé l’Iran du côté des bons »

Dans son discours, l’ex patron du Mossad n’a pas oublié d’évoquer la menace iranienne. « Ces dernières années, l’Iran s’est transformée en une force dominante dans la lutte contre Etat Islamique. La coalition Assad, la Russie et le Hezbollah a placé l’Iran du côté des bons. En Irak aussi, les forces iraniennes et les milices chiites pro-Iraniennes se battent du côté des forces américaines ».

« L’influence de l’Iran est en train de devenir une menace tangible aux Etats chiites modérés. Pour la première fois, une rare situation de convivialité des intérêts a été créée entre Israël les pays modérés », a poursuivi Tamir Pardo. S’adressant à son audience l’ex chef du Mossad appelle à une intégration de l’Etat d’Israël dans la région.

« Un jour, nous verrons l’Iran à côté des pays du Golfe »

« Aurons-nous la présence d’esprit de nous intégrer pour la première dans la région ? », se demande-t-il. Et d’ajouter : « il est important de se rappeler que la jeunesse ne durera pas éternellement et que les opportunités ne se présentent pas tout le monde. Un jour, nous nous réveillerons et nous verrons l’Iran à côté des pays du Golfe. Et alors, ce sera trop tard ».

« Malheureusement, les liens clandestins sous le radar sont temporaires, la clé d’une intégration dans la région se trouve dans les liens économiques, dans le mouvement entre les pays et les entreprises et tout ceci n’arrivera pas tant que le problème palestinien n’est pas réglé », martèle-t-il.