En visite au Tchad, Marine Le Pen s’attaque violemment à la Françafrique et dénonce le FCFA

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Marine Le Pen, chef de file du Front National (FN), s’est rendue au Tchad ce mardi 21 mars 2017 pour y rencontrer les soldats français de l’opération Barkhane. Elle a profité de sa visite pour rencontrer Idriss Déby Itno, président du Tchad, avec qui elle a discuté de nombreuses questions dont l’intervention française en Libye et le Franc CFA

Marine Le Pen est arrivée au pays des Nègres. Le chef de file du Front National a rencontré le président Tchadien, Idriss Déby Itno. D’après le média tchadien, Journal du Tchad, la candidate du front National est arrivée à Ndjamena ce mardi 21 mars en provenance de Paris à bord d’un avion privé.

D’après Tchadinfos,  Marine Le Pen devait en effet rencontrer les soldats français de l’opération Barkhane. Elle en a profité pour s’entretenir avec le chef d’Etat tchadien. « Nous avons discuté de la situation du terrorisme qui est un drame pour les pays qui sont victimes, dont la France », a fait savoir Marine Le Pen.

« Nous avons partagé les inquiétudes qui sont les nôtres »

Le chef de file du Front National ne cache sa position sur l’intervention militaire de la France en Libye. « Nous avons partagé les inquiétudes qui sont les nôtres, de la situation de la Libye. Le président et moi-même avions la même analyse. Au moment de l’intervention française, nous pensions qu’il s’agit d’une très grave erreur qui allait avoir des conséquences lourdes et c’est exactement le cas », regrette-t-elle.

En marge de cette visite qui intervient à seulement quelques jours de la présidentielle, Marine Le Pen a accordé une interview exclusive au Figaro sur les raisons de sa visite au Tchad. Sur les relations entre la France et l’Afrique, la candidate du Front National est droite dans ses bottes.

« Aujourd’hui, cette coopération est ridicule »

« Je  suis venue pour développer un certain nombre de principes et d’idées. La sécurité et la prospérité de la France et de l’Afrique sont indissociables. Nous devons nous appuyer massivement sur la coopération avec les pays francophones. Aujourd’hui, cette coopération est ridicule : la France n’y investit que 300 millions d’euros », déclare-t-elle.

Elle ajoute : « il faut soutenir l’éducation, l’agriculture et, si l’on veut réduire les flux migratoires, il faut aussi agir sur l’axe de la défense et de la sécurité. Je souhaite y consacrer 0,7% du PIB, soit environ 16 milliards d’euros. J’ai expliqué au président Déby que je n’entendais pas continuer cette politique « Françafrique », faite d’ingérences et d’exigences de contreparties, parfois opaques. Je lui ai dit également que j’étais un défenseur de la souveraineté des Etats, alors que l’Union Européenne ne cesse de faire des chantages ».

« J’estime que le FCFA est un inconvénient économique pour les pays d’Afrique »

Dans l’interview, Marine Le Pen souligne que le président tchadien partage la même vision qu’elle concernant la souveraineté des Etats, y compris sur la monnaie. « J’estime que le FCFA est un inconvénient économique pour les pays d’Afrique. On ne peut pas être souverain à moitié ». Sur la lutte contre le terrorisme, Marine Le Pen précise qu’Idriss Déby Itno a bien besoin de soutien en termes de moyens.

La candidate du Front National n’a pas manqué de souligner des points communs entre elle et le président tchadien. Sur ce, elle dira : « nous avons été quasiment les seuls, lui en Afrique et moi en Europe, à contester l’intervention en Libye. Le coût de cette intervention libyenne est spectaculaire mais ce bilan n’a pas été fait. Il serait ravageur pour ceux qui ont soutenu cette guerre ».

« Je ne m’attendais pas à ce qu’il m’accueille avec des fleurs ! »

Marine Le Pen, connue pour son goût prononcé pour la polémique, n’a pas manqué de lancer des piques à l’opposition tchadienne qui s’est opposée à son arrivée dans ce pays. « L’UNDR (Union Nationale pour le Développement et le Renouveau) est un parti socialiste lié au PS français. Je ne m’attendais pas à ce qu’il m’accueille avec des fleurs ! », ironise-t-elle.

Rappelons que c’est la deuxième fois que Marine Le Pen rencontre un chef d’Etat. Le première date d’il y a un mois au Liban où le chef de file du Front National avait rencontré Michel Aoun, président libanais à Beyrouth. Dans la presse tchadienne, l’on nous a appris que Marine Le Pen devra rencontrer d’importantes personnalités, dont Haroun Kabadi, Président du Parlement tchadien.