Politique étrangère : Mélenchon veut enterrer la Françafrique et prévient les dictateurs africains

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Dans une interview accordée au Monde et publiée ce jeudi 13 avril 2017, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, a déroulé sa politique étrangère envers l’Afrique. Il affirme qu’il n’entretiendra aucun lien avec les dirigeants africains et cessera de soutenir les dictateurs comme le font jusqu’ici les différents présidents français qui se sont succédé au pouvoir

Jean-Luc Mélenchon déroule sa politique étrangère africaine à quelques jours de la présidentielle. Le candidat de la France insoumise a accordé une interview au Monde dans laquelle il a clairement déroulé sa politique étrangère pour l’Afrique. Jean-Luc Mélenchon estime qu’il est urgent de combattre le fléau de la prédation ultralibérale qui s’abat sur le continent.

Sur la question de la reconnaissance des crimes par la France pendant la guerre d’Algérie et pendant l’époque coloniale, le chef de file de la France insoumise dira : « nous faisons partie du camp politique qui était contre le colonialisme et pour l’autodétermination des peuples. Nous savons les malheurs endurés, mais nous considérons que c’est aux historiens d’écrire l’Histoire ».

« Nous n’entretiendrons aucun lien avec les dirigeants africains »

Sur la question de savoir s’il peut lutter contre l’immigration massive en Europe, Jean-Luc Mélenchon propose de s’attaquer aux causes des migrations. « Il faut s’attaquer aux causes des migrations : l’impossibilité de tout développement des pays de départ, en raison des dettes et des politiques d’ajustement structurels imposées par le FMI ou la banque mondiale ».

Jean-Luc Mélenchon souhaite dénoncer tous les accords de partenariat économique entre l’UE et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifiques). Il estime en effet que les conséquences de ces accords ruinent « la petite paysannerie » et mettent en péril la souveraineté alimentaire des pays concernés. « Nous proposerons à nos partenaires africains d’initier un audit sur la dette afin de récuser celles qui sont illégitimes », soutient Mélenchon.

Sur la question de savoir quels liens il entretiendra avec certains dirigeants africains, Jean-Luc Mélenchon veut une rupture totale. « Nous n’entretiendrons aucun lien avec les dirigeants africains », martèle-t-il. Il compte tout de même miser sur les relations entre la France et les pays progressistes et démocratiques.

« Nous cesserons d’apporter un soutien aux dictateurs »

Dans son interview, le chef de file de la France insoumise reconnaît que l’Afrique est un continent d’avenir et compte miser sur les relations culturelles. « Enfin, l’Afrique est un continent d’avenir pour la France, ne serait-ce que du fait que la langue française est largement parlée. Nous prônons une francophonie basée sur des échanges culturels, scientifiques et commerciaux égalitaires ».

Jean-Luc Mélenchon s’est également attaqué à François Hollande qu’il a accusé d’avoir continué la Françafrique. « Concrètement, Il a continué la Françafrique en promettant à Compaoré le soutien de la France, en reconnaissant la légitimité du référendum de Sassou Nguesso, en se taisant sur la réélection truquée d’Ali Bongo, etc ».

Il lance un signal fort aux dictateurs. « Nous cesserons d’apporter un soutien aux dictateurs et de cautionner des scrutins frauduleux. Nos efforts porteront sur le soutiens des mouvements démocratiques et populaires et nous dénoncerons les biens mal acquis sur le sol français », précise-t-il.

Pour lire l’interview exclusive, cliquez ici : Le Monde