François Fillon se confie au JDD : « un jour, je parlerai, mais c’est très tôt »

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Plus d’un mois après la présidentielle, François Fillon, ex candidat LR (Les Républicains), a accordé une interview exclusive au JDD dans laquelle il s’interroge sur ce qui serait à l’origine du scandale qui a saboté sa campagne et qui a conduit à la défaite de la droite à la présidentielle de 2017

Un mois après la présidentielle, François Fillon a encore du mal à avaler la pilule. Le candidat LR, secoué par un grave scandale d’emploi fictif qui a fini par miner sa campagne en démoralisant une partie de ses troupes, s’est exprimé au JDD pour la première fois depuis la fin de la présidentielle. L’ex premier ministre veut désormais savoir d’où est venu ce scandale.

« J’ai envie de savoir d’où c’est venu et comment ça s’est passé », dit-il. Pour l’ex candidat LR, il ne fait aucun doute que c’est quelqu’un « a guidé la main » de ses accusateurs. Il s’interroge : « le pouvoir, quelqu’un de mon camp, un autre personnage extérieur à la politique ».

« Un jour, je parlerai, mais c’est très tôt »

Sur la question de savoir comment il a conduit sa campagne pendant la tourmente, François Fillon dit vouloir tourner cette page. « Honnêtement, je ne suis pas là-dessus. Je suis tourné vers l’avenir. Et puis seul le résultat compte : si j’avais gagné, on aurait dit que j’avais tout bien géré ; comme j’ai perdu, on dit qu’on a tout fait mal ».

Fillon refuse néanmoins de tourner la page de la période la plus dure de sa carrière d’homme politique et promet de briser le silence un jour. « Un jour, je parlerai, mais c’est très tôt », lâche-t-il. Rappelons que François Fillon avait été violemment secoué par un scandale d’emploi fictif alors que ce dernier était donné largement favori pour remporter la présidentielle.

Le 1er mars 2017, dans un discours tenu face à la presse, il avait dénoncé un « assassinat politique ». « Ceci est un assassinat en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle. C’est le vote des électeurs de droite et du centre qui est fauché. C’est la voix des millions de Français qui désirent une vraie alternance qui est muselée ».

« Cette affaire vient du pouvoir, elle vient de la gauche »

Quelques mois plutôt, en février, face à ses sympathisants, il avait pointé du doigt le pouvoir et la gauche d’être à l’origine de ce scandale. « Cette affaire vient du pouvoir, elle vient de la gauche, elle vient de ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas gagner l’élection présidentielle et qui ont choisi un autre terrain que celui du terrain démocratique », dénonçait-il.

Malgré les nombreux appels à a sa démission et à la suite de la démission de Thierry Solère, jadis le porte-parole de son équipe de campagne, Fillon refuse catégoriquement de rendre le tablier et tente de résister à la tempête, jusqu’à son élimination dès le premier tour de la présidentielle le soir du 23 avril 2017.

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