Mélenchon : « Valls a été l’un des Premiers ministres les plus violents de la République »

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Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, a été l’invité d’Europe 1 ce mercredi 28 Juin 2017. Il s’est exprimé sur plusieurs sujets dont l’arrivée de Trump en France pour la fête du 14 juillet, la réforme de la loi travail entre autres. Il a également réagi aux propos de Manuel Valls qui l’a qualifié ce mardi de « dangereux »

Jean-Luc Mélenchon n’a pas sa langue dans la poche. Sur la question de savoir si le fait qu’il soit resté assis lors du discours de François de Rugy (nouveau président de l’Assemblée), n’était pas une provocation, il répond : « non, ce n’est pas une provocation. (..) ». Il dénonce des simagrées. « (…) Toutes ces simagrées, alors on se lève, on se relève, On applaudit, on cadence qui ? ».

Il qualifie François de Rugy d’ « opportuniste ». « Monsieur de Rugy, qui est l’une des figures de l’opportunisme politique. Pourquoi faire ? ». Sur la question de savoir s’il sera l’une des grandes gueules de l’Assemblée, Mélenchon recadre le journaliste : « oui, tout ça n’est pas très délicat. Pourquoi gueule ? J’ai une bouche, j’ai un cerveau. J’ai écrit quinze livres, M. Namias (le journaliste, NDLR), ce n’est pas votre cas. Je mérite mieux que d’être traité de grande gueule ».

« Oui, je m’exprimerai parce qu’il faut qu’il y ait une opposition »

Le journaliste tente de rectifier le tir. « C’est une expression consacrée à ceux qui ouvrent la bouche et n’hésitent pas à l’ouvrir, vous le savez très bien ! », lance-t-il. Et Mélenchon d’enchaîner : « (…) à mon tour de réagir sur des mots qui sont des fois un peu excessifs à mon égard. Donc, oui je m’exprimerai parce qu’il faut qu’il y ait une opposition (…) ».

Dans l’interview, le journaliste est revenu sur les propos tenus par Manuel Valls qui, ce mardi sur RTL, a qualifié Jean-Luc Mélenchon de « dangereux ». Réagissant aux propos de Valls, le chef de file de la France insoumise dira : « C’est quand même grave de voir ce personnage qui représente un passé que tout le monde méprise, celui des reniements, des mensonges qui ont été celui du gouvernement Hollande ».

Il poursuit : « Manuel Valls a été un des Premiers ministres les plus violents de l’histoire de la République par le nombre d’opérations de police qui ont été montées contre des manifestants aussi bien contre la loi El khomri que la désastreuse affaire qui a conduit à la mort de Rémi Fraisse. Donc, ce n’est pas à lui d’aller dire que les autres sont dangereux. Lui, il s’est manifesté comme un danger ».

« Manuel Valls a une espèce de névrose sur la question de l’islam »

Réagissant aux propos tenus par Valls accusant le parti de Mélenchon de nouer des compromis avec l’islamisme, Mélenchon précise : « j’ajoute que ce qu’il dit sur l’islamisme est un moyen pour lui d’exister, il espère que Mélenchon réponde, donc on va parler de lui etc. Nous n’avons aucune concession avec l’islamisme politique. Je combats de toute façon l’intrusion de toutes les religions dans la politique (…). Manuel Valls a une espèce de névrose sur la question de l’islam qui fait qu’il ne voit plus la vie que sous cet angle ».

Jean-Luc Mélenchon s’est aussi exprimé sur le recours déposé par Farida Amrani, candidate de la France Insoumise à Evry qui conteste la victoire de Manuel Valls aux législatives. « Elle va le faire et elle a raison, je trouve déplorable qu’on ait traité Mme Amrani et ses amis d’une façon pareille (…) ». Mélenchon dit regretter profondément la violence à laquelle était soumis l’entourage de Farida Amrani interdit d’entrer dans la mairie au moment du recomptage des voix.

« Nous serons dans la rue »

Sur la réforme du code du travail, Mélenchon promet une opposition ferme. «  (…) Je veux que tout le monde arrive à comprendre qu’il s’agit de renverser tout l’ordre public social par ordonnances alors même qu’il y a une stratégie secrète de la part du gouvernement qui aura attendu jusqu’à aujourd’hui pour faire connaître un texte sur lequel on puisse s’exprimer, discuter (…). Ceci doit être dit pour que les Français l’entendent. (…) Nous serons dans la rue ».

Jean-Luc Mélenchon a également réagi par rapport à l’invitation de Donald Trump, Président des Etats-Unis, à la fête du 14 Juillet. « Moi, je le déplore. Monsieur Trump n’est pas le bienvenu à la fête du 14 juillet, celle de la liberté des Français. Monsieur Trump représente l’OTAN et l’asservissement de notre nation à une coalition internationale dans laquelle elle ne joue aucun rôle. Monsieur Trump est un violent, il n’a rien à faire là (…) ».

Pour suivre l’interview dans son intégralité, cliquez ici : Europe 1