Alerte Opération Censure en France : voici comment Facebook tue la Démocratie en Europe

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Pour qui roule vraiment Facebook ? Des centaines de milliers de personnes se sont certainement posé cette question plusieurs fois, sans toutefois jamais obtenir de réponses. Avons-nous affaire à un média « mainstream » ou à un simple réseau social dont l’objectif premier était de donner la parole à ses abonnés pour s’exprimer et partager des contenus librement, sans courir le risque de se faire censurer ?

Depuis sa création au début des années 2000, Facebook a très vite conquis une bonne partie du monde. En moins de 20 ans d’existence, il compte déjà plus de 1,90 milliards d’utilisateurs dans les quatre coins du monde et le chiffre va crescendo. Et pourtant, son fondateur se défend catégoriquement d’avoir créé un média.

En effet, en novembre 2016, Mark Zuckerberg, patron de Facebook, avait fait savoir que son entreprise n’était pas un média. Le richissime homme d’affaires américain, devenu aujourd’hui la 4ème plus grosse fortune aux Etats-Unis (71 milliards de dollars), avait ajouté que les utilisateurs du réseau social sont libres de suivre qui ils veulent et qu’en aucun cas, Facebook ne pouvait influencer les résultats de la présidentielle américaine.

Il réagissait ainsi à une rumeur qui s’était répandue sur la toile selon laquelle Facebook tentait de museler toutes les pages favorables à l’élection de Donald Trump. Il n’en a fallu qu’un mois seulement pour que Mark Zuckerberg se contredise et admette finalement que Facebook était en effet un média.

Dans une interview publiée en novembre 2016, il reconnaît que son entreprise est une « partie importante du discours public ». « Nous n’écrivons pas les informations que les gens lisent sur la plateforme. Mais, en même temps, nous savons aussi que nous faisons plus que relayer simplement les informations et que nous sommes une partie importante du discours public ». Dans cette phrase, tout est dit.

Aujourd’hui, il est clair dans la tête de tous que Facebook est devenu un média qui se permet de faire la police, en ayant son mot sur ce que les gens doivent lire ou pas. Et il n’hésite surtout pas à recourir à la censure pour museler toute personne ou tout média dont la parole n’est pas en adéquation avec la voix officielle (les voix officielles étant Le Monde, CNN, The New York Times, El Mundo, The Guardian…).

Je ne suis pas contre la censure et je suis, en tant qu’homme de média et rédacteur en chef, favorable à la censure de tout média ayant pour but principal de promouvoir la haine, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, l’islamophobie, la xénophobie, le harcèlement sexuel, l’apologie du terrorisme…Ces médias doivent être censurés, bloqués définitivement et les responsables poursuivis en justice. La haine, le racisme, le harcèlement sexuel, l’antisémitisme…sont contraires aux valeurs démocratiques.

Toutefois, là où les méthodes de Facebook deviennent douteuses et posent un sérieux problème d’éthique c’est lorsque le « média » censure des médias alternatifs ou des pages Facebook qui ne représentent pas la voix officielle. En procédant ainsi, Facebook devient l’ennemi N°1 de la Démocratie, de la Liberté d’expression et de la Pluralité des opinions, des éléments fondamentaux dont se nourrissent toutes les démocraties.

J’ai en effet décidé de m’exprimer sur cette situation qui gagne du terrain et qui est très peu dénoncée par les média mainstream. Cela se comprend, vu qu’ils ne sont jamais victimes de censures de Facebook qui préfère jeter son dévolu sur les petits médias alternatifs qui se battent pour offrir à leur poignée de lectrices et de lecteurs une information crédible, même si elle dérange.

Ces petits médias qui ont une espérance de vie très limitée sur la toile vont voir du jour au lendemain l’étiquette « Fake News » leur coller aux basques. Une autre façon encore plus virulente de leur limiter petit à petit le droit à la parole, voire d’éliminer totalement leur présence sur la toile. Je rappelle que le concept « Fake News » a en effet été créé pour cet objectif principal avec le message suivant : si vous ne pensez comme nous, vous êtes alors contre nous et donc, vous ne devez plus exister.

En faisant des recherches sur la toile pour avoir des idées sur cette situation gravissime qui menace sérieusement notre démocratie, j’ai été désagréablement surpris. J’ai en effet appris à ma grande surprise que 37 990 contenus Facebook ont été bloqués en France en 2015. En Allemagne, 554 contenus Facebook ont été bloqués la même année, en Israël 431 et au Royaume-Uni 105.

Les chiffres sont d’autant plus gênants que les nations considérées comme très hostiles à la liberté d’expression et aux valeurs démocratiques censurent beaucoup moins. Les chiffres ne s’inventent pas. En Russie, seuls 84 contenus ont été supprimés en 2015, en Turquie (6574, derrière la France), en Inde (30 126 derrière la France), au Brésil (41). Cette situation doit faire réfléchir nos autorités publiques qui, désormais, doivent se rendre compte qu’il y a urgence à réagir.

A travers mes recherches, j’ai également appris de la part du média « mainstream » français Libération qu’une vaste opération de censure a été menée en France à seulement une semaine de la présidentielle de 2017. Facebook justifie ces suppressions par le fait qu’il s’agissait de « faux comptes ». D’après Libération, une grande partie des comptes Facebook censurés sont pro-FN. Bientôt, ce sera certainement des comptes pro-Mélenchon, pro-PS ou pro-Asselineau.

Je tiens à préciser ici que je ne suis en aucun cas un sympathisant du Front National et je n’ai aucune intention de le devenir. C’est un choix personnel et je n’ai pas à m’expliquer là-dessus. Toutefois, mettre en silence des opinions parce qu’elles sont différentes de la mienne me semble contraire à la démocratie, une valeur pourtant très chère à nos dirigeants politiques occidentaux.

Au moment où j’écris ces quelques lignes, mon média Lecourrier-du-soir.com est attaqué. En l’espace de deux semaines, Lecourrier-du-soir.com a été bloqué deux fois par Facebook qui nous interdit de publier des contenus dans des groupes pendant une durée de sept jours. Notre tort : aller au-delà de l’information relayée par les médias mainstream qui, pour la plupart du temps, est mensongère et faite de propagande.

En aucun cas, notre média n’a tenu des propos antisémites, xénophobes, islamophobes…Nous avons pu conquérir un grand public en un laps de temps très court. 99% de nos sources sont pourtant des médias mainstream, connus de tous. Eux ne sont pas censurés, mais nous oui. De quel droit Facebook se permet-il en tant que simple réseau social de décider de ce qui doit être lu ou pas, de qui doit être lu ou pas ?

En confiant nos libertés fondamentales à une multinationale qui s’est fait une grosse fortune sur nos dos et qui représente clairement la voix officielle de nos dirigeants, nous assistons à la plus grosse attaque contre la démocratie et à la liberté d’expression de ces 20 dernières années. Si nous ne réagissons pas, nous risquons de tout perdre. Il faut avoir le courage de le dire : Facebook est en train de tuer à feu doux la Démocratie.

Edito signé : Cheikh Tidiane DIENG

Rédacteur en chef du média : Lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com