Algérie : un opposant demande à Bouteflika âgé de 80 ans de quitter le pouvoir comme Mugabe

0
920
Algerian President Abdelaziz Bouteflika meets with the French prime minister at his residence during an official visit on April 10, 2016 in Zeralda, a suburb of the capital Algiers. / AFP PHOTO / Eric FEFERBERG

Le chef de file du mouvement Front Pour le Développement et la Justice en Algérie, Sheikh Abdallah Djaballah, a demandé à Abdelaziz Bouteflika, âgé de 80 ans et président de l’Algérie depuis 1999, de quitter le pouvoir en s’inspirant de Robert Mugabe, ex président du Zimbabwe

La chute de Robert Mugabe inspire-t-elle les démocrates du continent africain ? En effet, quelques heures après la décision de Robert Mugabe, ex dirigeant du Zimbabwe, de quitter le pouvoir après avoir dirigé ce pays pendant 37 ans, un autre pays africain est tenté de vivre cette expérience : l’Algérie.

Les opposants algériens demandent à Bouteflika de suivre l’exemple de Mugabe en quittant le pouvoir. « J’espère que le président algérien Abdelaziz Bouteflika suivra l’exemple du président zimbabwéen Robert Mugabe et je pense que c’est bien pour lui dans ce monde et dans  l’au-delà », a déclaré Sheikh Abdallah Djaballah, chef de file du mouvement Front Pour le Développement et la Justice en Algérie dans une interview accordée à Quds Press et reprise par Middleeastmonitor.

« Malheureusement, c’est comme si les Arabes étaient nés avec la volonté de devenir dirigeants. Leur situation (des pays arabes, ndlr) ressemble à la tête d’ail. De loin, elle ressemble à une entité, mais quand on s’en approche, on voit qu’elle est formée de différentes gousses. Et c’est cela l’échec de notre transition démocratique », regrette Djaballah.

« J’ai constaté qu’il a un grand désir de se représenter pour un 5ème mandat »

Les déclarations de Sheikh Abdallah Djaballah interviennent au moment où des rumeurs font état de la volonté de l’actuel président algérien de briguer un 5ème mandat à la tête du pays. En effet, ce 18 novembre, le média algérien TSA ALGERIE citait les propos de Farouk Ksentini, avocat et ex président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’homme (CNCPPDH).

A l’issue de sa rencontre avec Abdelaziz Bouteflika, Farouk Ksentini disait ceci : « j’ai rencontré la semaine dernière le président Abdelaziz Bouteflika. (…) J’ai constaté qu’il a un grand désir de se représenter pour un 5ème mandat. C’est son droit et nous le soutenons. La Constitution ne l’empêche pas de se présenter pour un autre mandat. Il faut que le choix des urnes soit respecté ».

« Bouteflika appelle au remboursement de la dette  algérienne »                                                    

Tout ceci se passe dans un contexte très difficile marqué par une situation économique assez complexe pour le pays. Rappelons que l’Algérie est un pays membre de l’OPEC (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et son économie a été sous pression depuis mi-2014, date à laquelle les cours du pétrole ont commencé à chuter.

Face à la gravité de la situation, Abdelaziz Bouteflika a exigé ce jeudi 23 novembre le remboursement immédiat des dettes dues à des entreprises étrangères et locales. En effet, d’après l’agence de presse Reuters qui a donné l’information, la dette tourne autour de 400 milliards de dinar, environ 3,50 milliards de dollars. D’après Reuters qui cite une source proche du pouvoir, beaucoup de ces entreprises ont mené des chantiers dans le pays sans jamais être payées par le gouvernement.