La maire LR de Calais tacle Yann Moix : « vous êtes la honte du service public audiovisuel »

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Natacha Bouchart, maire LR de Calais, a répondu à Yann Moix, chroniqueur à l’émission « On n’est pas couché » qui avait récemment déclaré que Calais est « la honte de la République »

« Après le temps de la manipulation médiatique vient toujours celui de la confrontation à la réalité. Yann Moix, votre tentative d’instrumentalisation de la situation à Calais n’échappera pas à la règle. La réalité d’un territoire et ses souffrances ne peuvent être travestis pour assouvir votre soif de célébrité et votre appât du gain.

Le 25 janvier, sur le plateau de «L’Émission politique, la suite», diffusée par France 2, vous avez déclaré que ce qu’il se passe à Calais est «la honte de la République». La «honte de la République», ce ne sont pas les forces de l’ordre en poste à Calais qui accomplissent leur mission avec professionnalisme et intégrité dans un contexte extrêmement difficile. La «honte de la République», ce n’est pas la volonté de l’État de faire preuve de fermeté en refusant de fermer les yeux sur les multiples troubles à l’ordre public perpétrés par des individus qui ne relèvent pas du droit d’asile.

La «honte de la République», ce n’est pas ma décision de refuser l’implantation à Calais et dans le Calaisis de tout dispositif d’accueil fixe, car le maire que je suis sait par expérience que les mêmes causes reproduisent les mêmes effets. Jusqu’à présent, les images que vous avez diffusées n’illustrent jamais l’effort considérable de la municipalité sur le plan humanitaire depuis des années. Je pense au financement des aires de repas, des douches, des sanitaires ainsi qu’à la mise à disposition du centre Jules-Ferry qui a permis, sur ma proposition, d’accueillir les femmes et les enfants.

De l’humanité dont les Calaisiennes et les Calaisiens ont fait preuve pendant des années, vous avez volontairement fait le choix de ne pas parler. La population calaisienne n’a pas de leçons d’humanité à recevoir, encore moins de vous, Yann Moix, qui n’êtes venu à Calais que quelques fois – tout au plus. Vous vous autoproclamez juge d’une problématique dont vous ne connaissez rien.

Pour ce qui est du double discours, vous êtes en revanche le maître. À la télévision, vous avez d’abord accusé les forces de l’ordre de commettre des violences de façon régulière à Calais. Puis, le 16 janvier, face aux syndicats des policiers à Calais – situation pour vous moins confortable qu’un plateau de télévision -, vous n’avez pas assumé vos propos et vous avez fait machine arrière. Avant, de retour sur le plateau de France 2, le 25 janvier, de retrouver votre ton de procureur. De toute évidence, il vous est plus facile de salir l’honneur des policiers face à une caméra que face à eux.

La réalité, à Calais, ce sont ces forces de l’ordre quotidiennement exposées à la violence de certains migrants et de certains activistes et associatifs désormais sans limites. La réalité, à Calais, ce sont ces policiers, ces CRS et ces gendarmes fréquemment la cible de jets de pierre et de projectiles en tout genre. La réalité, à Calais, ce sont les barrages créés par ces mêmes individus sur la rocade portuaire ou sur l’autoroute et qui mettent en danger la vie de ceux qui y circulent. La réalité, à Calais, ce sont ces chefs d’entreprise, transporteurs, salariés du port et du tunnel sous la Manche, artisans et commerçants qui subissent un préjudice considérable.

La réalité, à Calais, ce sont ces riverains de la «jungle» qui, pendant des mois, de jour comme de nuit, ont vécu dans la peur, ont subi l’intrusion de centaines de migrants dans leurs jardins et la dégradation de leurs biens. La réalité, à Calais, c’est cette population exemplaire qui a toujours fait face à une situation particulièrement douloureuse, unique au monde, avec un courage et une dignité que la France entière a salués. Mais vous n’avez pas jugé utile de donner la parole aux Calaisiennes et aux Calaisiens. Leurs témoignages auraient sans doute fortement compromis votre tentative de manipulation.

Yann Moix, l’émission «On n’est pas couché», diffusée sur le service public audiovisuel et dont vous êtes chroniqueur, est financée par les contribuables français et donc par les contribuables calaisiens. Lorsque vous décidez de travestir la réalité et de faire de Calais un terrain de jeu médiatique, c’est à ces mêmes Calaisiens que vous vous en prenez.

Vous ne mesurez pas les conséquences des propos que vous tenez ni celles des images, totalement sorties de leur contexte, que vous diffusez. Au-delà de votre activisme médiatique, c’est l’image d’une ville qui a déjà profondément souffert que vous vous acharnez à salir. Je ne peux accepter que de tels propos soient tenus sur une chaîne du service public entièrement financée, de même que votre salaire, par l’argent des contribuables.

À votre égard, Yann Moix, je ne me permettrais pas de parler de «honte de la République», mais j’affirme que vous êtes la honte du service public audiovisuel. »

Natacha Bouchart

1 COMMENTAIRE

  1. Natacha bouchart est une folle et une menteuse !
    « Je pense au financement des aires de repas, des douches, des sanitaires ainsi qu’à la mise à disposition du centre Jules-Ferry qui a permis, sur ma proposition, d’accueillir les femmes et les enfants. » dit elle, mais quid de son soutien sans faille aux forces de l’ordre qui créent les problèmes ?