Kémi Séba expulsé de la Guinée : les dirigeants africains font honte à l’Afrique

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La lâcheté des dirigeants africains francophones est devenue tout simplement insupportable. Le ton avec lequel j’aborderai la question de l’expulsion de l’activiste Kémi Séba sera jugé assez acerbe, mais il est à la hauteur de l’acte. Les dirigeants africains, à force de vouloir à tout prix museler leur jeunesse, deviennent ridicules et illégitimes.

Je tiens à réagir par rapport à l’expulsion honteuse de l’activiste Kémi Séba de la Guinée. L’activiste n’a pas même pas eu le temps de poser ses valises dans un continent qu’il aime tant et où il s’est réfugié après des années d’ennuis avec la justice de son pays de naissance : la France.

D’après les informations que j’ai pu recueillir dans la presse guinéenne, Kémi Séba devait rencontrer les militants du mouvement « le peuple n’en veut plus. Il devait ainsi prendre part à une série de conférences pour sensibiliser la jeunesse guinéenne sur les enjeux qui interpellent le continent : le FCFA, le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, l’immigration…L’activiste a été bloqué à l’aéroport et refoulé illico presto vers un pays frontalier.

Les faits se sont déroulés ce vendredi 2 mars 2018. Je n’insisterai point sur les détails. Les faits parlent d’eux-mêmes et le peuple africain est assez mature pour émettre son dernier jugement. Je tiens simplement à rappeler à ceux qui auraient raté un épisode que Kémi Séba avait déjà été expulsé du Sénégal le 7 septembre 2017.

En effet, à cette date, le président Macky Sall avait pris cette décision lâche après que l’activiste a brûlé un billet de 5 000 francs CFA. Je le redis ici. J’ai été totalement contre l’acte de brûler des billets de banques, quelle qu’en soit la devise. Toutefois, force est de reconnaître que l’acte en lui-même n’était que symbolique. Ainsi, une simple amende aurait suffi pour remettre l’activiste à sa place et dissuader ceux et celles qui seraient tentés de commettre le même geste.

Mais hélas ! Ce ne fut pas le cas. Le président Sall, devenu un larbin de la France, a pris une décision extrême qui déshonorera à jamais les enfants du continent : celle d’expulser en dehors de l’Afrique un fils du continent. Les réactions étaient nombreuses. Mais, elles n’ont rien changé.

Je pensais que nous n’aurions plus droit à une telle humiliation. Apparemment non. Nos chefs d’Etat ont finalement décidé de baisser leur froc et de s’en prendre, non pas à ceux qui nous pillent nos richesses et nous imposent une monnaie qui ne sert qu’à leurs propres intérêts, mais aux pauvres fils du continent qui, ces dernières années, ont pris leur courage à deux mains en disant haut et fort : le peuple n’en veut plus.

Je suis loin d’être un adepte de kémi Séba. Ses arguments sont souvent battus en brèche par des économistes africains qui maîtrisent le sujet du FCFA et les enjeux du continent mieux que lui. Je parle notamment du Togolais Kako Nubupko, du Sénégalais Moustapha Kassé ou encore du Congolais Serge Ikiémi.

Toutefois, force est de reconnaître que Kémi Séba est, à l’heure actuelle, le seul qui défend bec et ongles les intérêts du continent, à ses risques et périls. Lui refuser de fouler la terre de ses ancêtres déshonore les fils d’Afrique, radicalise une frange de la jeunesse africaine qui voit en lui le « Messie » du continent et qui, probablement, serait  prête à faire pire pour sauver notre continent.

Je constate avec inquiétude une nouvelle tendance des chefs d’Etat africains qui consiste à vouloir à tout prix humilier l’activiste Kéma Séba, en lui interdisant de fouler le sol africain. Cette nouvelle tendance en dit sur les marionnettes qui dirigent le continent, notamment en Afrique francophone, l’éternelle colonie française.

Vu la persécution dont Kémi Séba est victime et qui lui est infligée par ses propres frères de race, il devient urgent que la jeunesse africaine réagisse vite. Notre combat doit tout d’abord commencer par mettre à la tête de nos pays des Hommes capables de redonner à l’Homme Noir son Honneur. Car, avec de tels traitres au pouvoir, impossible d’envisager un avenir meilleur.

Cheikh Tidiane DIENG, rédacteur en chef et fondateur du site d’infirmation : www.lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com