« Péché originel » : Gilles Simeoni, autonomiste corse, dénonce le refus de dialogue du gouvernement

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Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif corse, a rencontré Edouard Philippe, premier ministre français, à Matignon ce 2 juillet. Les deux hommes ont évoqué la question corse et jusqu’ici, comme le fait savoir Gilles Simeoni, le dialogue ne s’est pas ouvert

Les relations entre la Corse et le gouvernement français sont de plus en plus tendues. En effet, une semaine après l’annonce de Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée corse, qu’il ne se rendra pas à Matignon ce 2 juillet pour rencontrer Eduard Philippe, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif corse, estime que le premier ministre ne rassure pas les élus corses.

Dans une interview exclusive accordée au Figaro, il est revenu sur les relations conflictuelles entre Exécutif et gouvernement corse. A la question de savoir si Edouard Philippe les a rassurés, sa réponse est sans ambages : « non, pas du tout. Je lui ai souligné les nombreux points sur lesquels notre dialogue est très en-deçà des enjeux ».

« Edouard Philippe ne répond pas ou répond à côté »

Gilles Simeoni dénonce l’absence de dimension politique dans le dialogue. « Il (Edouard Philippe, ndlr) ne répond pas ou répond à côté. La dimension politique est totalement absente de nos discussions, ce qui est incompréhensible. C’est un péché originel qui prive nos échanges d’une dimension qui permettrait d’aborder tous les problèmes de la Corse », explique-t-il.

Au Figaro, Gilles Simeoni regrette que le gouvernement ne prête attention à la situation politique de la Corse. « Il y a eu un tremblement de terre démocratique en Corse, et le gouvernement fait comme si cela n’existait pas, ni l’histoire, ni le présent. Cette forme de violence symbolique est inacceptable », dit-il.

« Le dialogue ne s’est véritablement pas ouvert »

Le président du Conseil exécutif corse est revenu sur le refus du nationaliste, Jean-Guy Talamoni, de rencontrer Edouard Philippe. Il rassure qu’il n’y aucune fêlure entre autonomistes et indépendantistes. « Absolument pas. Je leur ai dit qu’ils ne réussiraient pas à nous opposer et encore moins à nous diviser. Nous sommes exactement sur la même analyse de fond », rassure-t-il.

Ce 3 juillet, au lendemain de sa rencontre avec Edouard Philippe, Gilles Simeoni s’est exprimé sur Europe 1. Le président du Conseil exécutif corse est déçu et évoque un « constat d’impasse » entre le gouvernement français et les élus corses. « Pour l’instant, le dialogue ne s’est véritablement pas ouvert », a-t-il martelé ce 3 juillet.

Pour lire l’interview de Gilles Simeoni au Figaro, cliquez ici : Le Figaro

Pour écouter l’intervention de Gilles Simeoni sur Europe 1, cliquez ici : Europe 1