1 million d’emplois perdus, poursuites judiciaires, peuple en colère : le gros risque est que Macron ne finisse pas son mandat

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Des jours difficiles attendent Emmanuel Macron. En effet, il vient d’être révélé dans la presse que le gouvernement a décidé de ne pas prolonger l’Etat d’urgence au-delà du 10 juillet. Concrètement, cela veut dire qu’à partir de cette date, la France reprendra une vie à moitié normale. Des restrictions seront levées, dont probablement celles de manifester, même si sur ce point, je reste dubitatif.

Quoi qu’il en soit, l’Etat d’urgence ne pouvait pas se prolonger indéfiniment dans le temps. Il fallait bien songer un jour à y mettre fin. Ce jour va bientôt arriver et risque d’avoir des conséquences extrêmement néfastes sur un gouvernement dont la gestion de la crise a été très critiquée par une grande partie du peuple.

J’aimerais voir comme réagira le gouvernement sur les manifestations à partir du 10 juillet. Les autorisera-t-il ou pas? Telle est ma grande question. Je la pose d’autant plus qu’en pleine crise sanitaire, alors que l’Etat d’urgence est en vigueur, des manifestations contre les violences policières et contre le racisme sont bien organisées en France, et ce avec l’approbation totale du ministère de l’Intérieur.

Christophe Castaner, le même qui a autorisé ces manifestations dont je viens de parler, refusera-t-il aux Gilets Jaunes d’exercer leur droit de manifester et de dénoncer un système qu’ils ont failli renverser en 2019? C’est une équation extrêmement complexe que le gouvernement devra résoudre.

Une chose est sûre : la France se dirige vers une crise sociale sans précédent. La colère du peuple est bien là et il faut être de très mauvaise foi pour ne pas la voir. Le gros risque désormais est que cette colère, marquée par les inégalités sociales, le racisme, les violences policières et la précarité (avec un taux de chômage qui va frôler les 10%) explose au moment où Macron se prépare à donner un nouveau visage à son mandat.

Le président de la République, contrairement à ce que disent beaucoup, veut faire bouger les lignes. Ils a des intentions nobles à l’égard de la France et des Français mais son image de président des riches qui lui colle aux basques ainsi que son passé de banquier de affaires chez Rothschild font qu’il a du mal à convaincre.

Il est perçu, et à juste titre d’ailleurs, par les Français comme un élément du système venu voler au peuple le peu d’acquis sociaux qui lui restent. Et à voir la politique menée par le plus jeune président de la Vème République, il est difficile de dire le contraire. Depuis son accession à la tête de la France, Macron travaille carrément pour les riches.

La seconde partie du quinquennat risque d’être infernale. La question à se poser est celle de savoir si Macron, en raison de son manque d’expérience en politique, sera capable de la finir car la réalité actuelle est que les tensions sociales qui s’annoncent sont terribles comme l’ont prédit pratiquement tous les experts.

La Banque de France a annoncé que 1 million d’emplois seront perdus en 2020. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dans une interview accordée à RTL ce 9 juin, a prévenu les Français que “des centaines de milliers d’emplois” seront supprimés. Les syndicats de police sont en colère et se sentent abandonnés par le gouvernement qui a récemment pris des mesures fortes dans la lutte contre le racisme dans les forces de l’ordre. Si à cela s’ajoutent les nombreuses plaintes déposées contre le gouvernement sur sa gestion de la crise sanitaire, les choses se compliquent sérieusement pour Macron. Sur sa gestion de la crise sanitaire, je dois rappeler que ce 9 juin, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Macron se dirige vers les moments les plus difficiles de son mandat. Et il risque d’y aller tout seul. Car, Edouard Philippe qui a tenu jusqu’ici devrait quitter le gouvernement sous peu, comme l’ont révélé plusieurs sources proches du pouvoir. Le président devra alors s’entourer d’une nouvelle équipe dirigée par un homme doté d’une solide expérience politique mais pas que. Il devra aussi être faire preuve d’une certaine autorité pour calmer les esprits et permette à l’Exécutif de gouverner. Mais qui sera cet homme ? Des noms surgissent mais rien n’est encore confirmé.

Comparée à la crise des Gilets Jaunes qui a failli renverser le pouvoir, la crise sociale qui s’annonce sera d’une violence inouïe car elle ne viendra pas seulement de la France profonde, mais de tout bord : de la banlieue, de la classe moyenne, des agents de santé, des enseignants, des policiers…

Le grand danger de Macron est qu’il lui reste encore deux ans pour finir son mandat et il est certain que les Français, soif de changement, ne le laisseront pas dérouler sa politique comme il l’entend avec l’espoir de se débarrasser de lui en 2022. Ce serait trop facile car ils ont très peu confiance en l’homme et pensent en effet que chaque décision prise par Macron, que ce soit politique, économique ou sociale, est toujours défavorable au peuple et favorable aux plus riches. Et qu’en conséquence, lui donner deux ans équivaudrait à le laisser détruire le système social français, l’un des meilleurs au monde.

La capacité de résilience de Macron sera sérieusement testée dans les mois qui viennent et il va falloir que le président soit très fort pour tenir. La crise des Gilets Jaunes a été un coup de semonce pour que le pouvoir comprenne que le peuple était à bout et n’allait plus accepter de se faire piétiner par des mesures politico-économiques qui le tuent à petit feu.

Cette colère qui va inévitablement exploser sera infernale pour le pouvoir. Et Macron ferait bien de s’inquiéter.