Renoncement de Hollande : une belle leçon de démocratie adressée à l’Afrique !

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Ce jeudi, François Hollande est entré dans l’histoire. Alors que personne ne s’attendait à son renoncement, il annonce pourtant devant des millions de Français, à partir de l’Elysée, qu’il ne briguera pas un second mandat. Une annonce qui se justifie par l’échec du quinquennat d’un  président désavoué qui n’a pas pu tenir une bonne moitié de ses promesses faites en 2012, année de son élection à la tête du pays.

François Hollande décide en effet de mettre fin à un suspense qui aura duré plus de 6 mois. Les récents sondages qui n’ont pas joué en sa faveur, les guerres intestines au sein de son propre camp pour sa succession ont certainement poussé le « commandant Hollande » à quitter le navire en pleine tempête afin de bénéficier d’une retraite bien méritée.

Les réactions ont été légion ce jeudi à la suite de son annonce tonitruante. Certains (Macron, Placé, Taubira) ont parlé d’une décision « courage », tandis que d’autres (Gilbert Collard, Marion Le Pen) ont préféré ironiser. D’ici à une année, François Hollande ne sera plus président d’une grande France, malmenée par un taux de chômage galopant et des conflits intercommunautaires.

Analyser le bilan du quinquennat de Hollande peut facilement faire l’objet d’un livre de plusieurs tomes et les déboires lui ont été collés aux basques. Il a tenté de séduire l’opinion publique, redéfinir son image et miser sur une communication digne de ce nom. Mais, à chaque tentative, il finit toujours par essuyer les plâtres d’une presse qui n’a jamais voulu lui accorder une seconde chance. Quoi qu’il en soit, les Français jugeront eux-mêmes.

Au-delà de tous ses échecs et ses succès à la tête de la France, François Hollande, à mon avis, mérite le respect du peuple français et sa décision de ce jeudi 1er décembre doit, selon moi, servir d’exemple à nos nombreux dirigeants africains qui s’agrippent au pouvoir après un bilan plus que négatif.

En ce 21ème siècle, l’Afrique compte encore (et malheureusement) des chefs d’Etat qui ont fait pire que Hollande mais qui, en aucun cas, ne pensent rendre le tablier. Ils sont ivres de pouvoir. L’exemple du Zimbabwe de Robert Mugabe, de la Gambie de Yahya Jammeh ou de l’Afrique de Sud de Jacob Zuma sont des exemples probants de cette « maladie du pouvoir » dont souffrent les chefs d’Etat africains.

Ces trois chefs d’Etat qui je viens de citer (et DIEU sait qu’ils sont nombreux dans le continent) ont essuyé les plus grands revers en matière de gouvernance. Ils dirigent des pays asphyxiés par une économie moribonde, un taux de chômage record. Leurs populations ont perdu tout espoir d’un lendemain meilleur. Dans ces Etats, l’échec scolaire est devenu la règle et le népotisme, la loi.

Cependant, ceux qui sont à la commande préfèrent se délecter, honteusement, d’un bilan « pourri » et se prennent pour des ardents défenseurs de la cause africaine. Mugabe a été récemment nommé à la tête de l’Union Africaine, Jammeh a fait de la Gambie « une République Islamique » sans jamais demander l’aval du peuple et Zuma a transformé l’Afrique du Sud en une « fausse puissance » à travers une politique discriminatoire marquée par un népotisme qui ne favorise que son clan et son camp.

Je m’attends depuis un bon moment à ce qu’ils libèrent leurs peuples en renonçant au pouvoir, comme l’a fait François Hollande ce jeudi soir. Mais, je risque d’attendre longtemps. Car dans ce continent, la démocratie nage encore en eaux troubles.

Edito signé : Cheikh Tidiane DIENG

Rédacteur en chef du site www.lecourrier-du-soir.com