Israël : désormais, les Juifs de race noire sont autorisés à faire don de leur sang

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Ce jeudi 8 décembre, le ministère israélien de la santé a annoncé la fin d’une politique discriminatoire qui consistait à interdire aux juifs d’origine éthiopienne de donner de leur sang. L’annonce a été très bien accueillie par les Falashas, la communauté juive éthiopienne vivant en terre d’Israël

Une annonce très bien accueillie par les Falashas. Le ministère israélien de la santé a en effet annoncé qu’il lèverait l’interdiction qui avait été faite à la communauté juive éthiopienne de faire don de leur sang. Ce jeudi, dans un communiqué, le ministère a précisé que la politique qui visait les israéliens d’origine éthiopienne, les homosexuels et d’autres groupes sera abolie.

D’après les médias israéliens, cette décision intervient 18 mois après qu’un comité d’experts, dirigé par Manfred Green, chef de l’Institut sanitaire de l’Université de Haïfa, avait fait savoir que l’interdiction n’était plus nécessaire grâce à la mise en place d’une nouvelle technologie permettant le don de sang. Le professeur avait ajouté que de grandes agences sanitaires du monde avaient revu leur politique sur ces mêmes groupes.

« J’ai été surpris par le fait qu’elle n’était pas autorisée à faire don de son sang »

Dans un communiqué, le comité déclare : « Israël aura bientôt une grande habilité à mener des tests pour l’hépatite B, l’hépatite C et le VIH. Ceci réduira la durée pour détecter des maladies infectieuses et ainsi réduira le risque posé par les dons de sang de la part du grand public et de certains groupes particuliers ».

D’après le média juif Ynetnews, la décision de permettre aux juifs d’origine israélienne de donner de leur sang arrive après un appel du président israélien de mettre fin à la discrimination, suite à une polémique lancée en 2013, date à laquelle Pnina Tamano-Shata, avocate israélienne, avait été interdite de donner de son sang en raison de ses origines éthiopiennes.

Cette affaire avait désagréablement surpris les membres du parti Yesh Atid (parti auquel adhère Pnina Tamano-Shata) qui avait immédiatement appelé à un changement de cette politique. « J’ai été surpris par le fait qu’elle n’était pas autorisée à faire don de son sang. Ensemble, nous avons créé ce comité qui a mis en place des recommandations pour faire bouger les choses », explique German, qui se charge du dossier.

« C’est la fin de l’humiliation et la discrimination »

Contente que les membres de sa communauté puissent désormais donner de leur sang, Pnina Tamano-Shata parle de la fin d’une « humiliation ». « Cela a pris 30 ans, mais la lumière a battu la phobie qui nous poursuivait depuis notre arrivée ici. C’est la fin de l’humiliation et la discrimination envers des soldats, des jeunes et des vieux membres de la communauté éthiopienne ».

Elle ajoute : « finalement, une fin à la séparation du sang, une fin aux régulations qui vont à l’encontre de ce qui est accepté dans le monde, une fin à la saga de l’humiliation qui consiste à ne pas accepter le sang en raison de l’origine d’une personne. Ce moment est important. (…) Nous ne renoncerons pas au combat car c’est ici notre maison comme elle l’est pour tout le monde ».