Fillon : « assassiner politiquement un candidat présidentiel pose un problème démocratique »

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François Fillon s’est adressé aux journalistes ce lundi 6 février 2017 lors d’une conférence de presse. Le candidat de droite parle d’une opération menée contre lui et refuse de renoncer à sa candidature pour la présidentielle

François Fillon ne lâche rien. Malmené par une série de scandales d’emplois fictifs qui touche sa famille, le candidat LR à la présidentielle a tenu à s’expliquer devant la presse française ce lundi. Dans un discours tenu devant la presse, François Fillon a présenté ses excuses au peuple français et appelle à réformer le système.

« Je présente mes excuses au Français », dit-il. Fillon dit n’avoir rien à cacher. Il ajoutera : « Je n’ai rien à cacher. Je publierai un tableau des rémunérations reçues par ma femme. Mon patrimoine est ma maison évaluée à 750 000 euros. (…) Je ne suis assujetti à l’ISF. (…) Tous mes comptes sont au Crédit Agricole ».

Le candidat à la présidentielle dit avoir exercé cette activité en toute légalité. « J’ai exercé cette activité en toute légalité de 2012 à 2016. La liste de mes clients ne comprend aucune entreprise russe et toutes les conférences données en Russie ont été à titre gratuit. La transparence devrait s’appliquer à tous. Tout le monde devrait être logé au monde enseigne ».

« Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la primaire »

Dans son discours face à la presse, François Fillon évoque une opération destinée à « effacer le choix des électeurs de la primaire ». « Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la primaire. Je dis au Français qu’on ne pourra pas leur voler leur choix. Mon programme dérange le désordre rétabli alors qu’il est la seule rupture capable de donner la fierté aux Français ».

Il ajoutera : « ce que nous vivons est la tentative désespérée entre deux forces en présence (…). La France n’a-t-elle pas plus de problèmes avec le terrorisme islamiste ? Rien ne me détournera des vrais enjeux de cette élection. J’ai été choisi par des millions de Français. Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le choix des électeurs de la primaire ».

« Je publierai la totalité de mes déclarations de paie sur mon site internet »

François Fillon persiste et signe. Il ne renonce pas, du moins pour l’instant, à sa candidature présidentielle. « Dès ce soir, c’est une nouvelle campagne qui commence. Ce ne sont pas le les médias qui me jugeront ».  Dans son discours, Fillon n’a pas manqué de s’attaquer à ses adversaires. Il qualifie le programme de Macron d’ « extrême-gauche ».

A la fin de son discours, le candidat des LR a répondu aux questions de la presse. Répondant aux questions d’une journaliste de Mediapart, il dira : « cette accusation m’a mis un coup de couteau dans l’estomac. Oui, mes réponses ont été imprécises. Il m’a fallu 5 jours pour avoir mes fiches de paie de mes collaborateurs de l’assemblée nationale alors que certains organes de presse l’avaient déjà. Cette après-midi, je publierai la totalité de mes déclarations de paie sur mon site internet ».

« Plan B, il y en avait pas »

Le candidat de droite estime que le parquet financier n’est pas qualifié pour mener l’enquête. « On ne peut pas ne pas se poser des questions. Une campagne d’une violence inouïe, une enquête ouverte par le parquet financier qui n’est pas sans doute qualifié pour le faire. Nous sommes en présence d’une violation du secret professionnel. Ça fait beaucoup », s’agace-t-il.

Concernant la question du « Plan B » évoqué dans la presse, Fillon est clair. Il n’y a pas de « Plan B ». « Plan B, il y en avait pas. Ceux qui ont réclamé que je me retire sont peu nombreux. Ce n’est pas ça qui compte. Ce qui compte, ce sont les messages de soutien, c’est la solidité de la droite. (…) Ce ne sont pas les sondages qui me feront changer d’avis. Je suis candidat à l’élection présidentielle et je suis candidat pour la gagner ».

« Lyncher, assassiner politiquement un candidat pose un problème démocratique »

François Fillon se dit victime d’un « lynchage et d’un assassinat politique ». « Quand chacun aura vu ce procès diffamatoire, les français changeront d’opinion. On a des soi-disant experts qui parlent du rôle des assistants parlementaires et très peu d’entre eux prennent ma défense. Personne ne s’interroge sur la violence de la semaine qui vient de s’écouler. Lyncher, assassiner politiquement pendant 10 jours un candidat à la présidentielle pose un problème démocratique ».

François Fillon ne compte en aucun cas rembourser les sommes perçues par sa femme. « Ces sommes ont été normalement gagnées par mon épouse et mes enfants qui ont travaillé. (…) Mes avocats viennent de signaler au parquet qu’il n’était pas compétent pour mener cette enquête », dit-il.