Banque de France : « la sortie de l’euro coûterait 30 milliards d’euros d’intérêts par an »

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Flags of France and Europe hang on the facade of the Bank of France headquarters in Paris May 9, 2012. REUTERS/Charles Platiau

A moins de deux mois avant l’élection présidentielle en France, la Banque de France met en garde les électeurs contre une victoire du Front National, un parti qui fait ouvertement campagne en faveur de la sortie de la France de l’euro

A deux mois de la présidentielle en France, la Banque de France tire la sonnette d’alarme. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a en effet mis en garde les électeurs contre le danger de se retirer de l’euro, en signalant que les taux d’intérêts ont déjà commencé à monter face aux craintes des résultats de la présidentielle prochaine.

Dans une interview accordée à France Inter ce lundi, François Villeroy de Galhau est clair. Il estime en effet que sans l’euro, la dette coûterait plus de 30 milliards de plus par an. Le gouverneur de la Banque de France fait clairement campagne pour le maintien de la monnaie unique. Il le dira en ces termes : « l’euro, c’est une monnaie qui garde sa valeur et c’est pour cela qu’elle inspire confiance ».

« Plus de 30 milliards d’euros d’intérêts supplémentaires par an »

Sur la question des taux d’intérêts, il dira : « les taux d’intérêts, depuis que nous avons l’euro, ont baissé d’environ 1,5%. C’est extrêmement significatif pour les ménages qui empruntent pour leurs immobiliers, pour les entreprises qui investissent, mais aussi pour tous les contribuables que nous sommes ».

Répondant à la question d’une journaliste, il poursuit : « si nous devions sortir de l’euro dans l’hypothèse que vous envisagez, son financement coûterait plus de 30 milliards d’euros d’intérêts supplémentaires par an. Pour nos auditeurs, cela paraît une somme abstraite 30 milliards d’euros, je vous dis concrètement que c’est équivalent du budget annuel pour la défense ».

Les mises en garde de la Banque de France sont en effet une réponse à la candidate du Front National, Marine Le Pen, qui menace d’organiser un référendum pour le Frexit, sortie de la France de l’euro. La proposition de Marine Le Pen est d’autant plus terrifiante que cette dernière est très bien placée dans les intentions de vote. Les récents sondages la placent au deuxième tour.

« L’euro n’est pas une devise, c’est un instrument politique »

Dans les derniers sondages publiés par l’Institut Ifop, elle est à 26% d’intention de votes pour le premier tour de la présidentielle, loin devant Emmanuel Macron qui est à 20,5% et François Fillon qui n’est plus qu’à 17,5% en raison du scandale qui l’ébranle ces dernières semaines. Cependant, d’après les sondages, Marine Le Pen serait battue par ses adversaires au second tour.

Le chef de file du Front National a toujours été très clair sur sa volonté de se débarrasser de l’euro, une monnaie qu’elle considère en effet comme « un instrument politique ». « Je ne peux mettre en œuvre mes promesses de protectionnisme intelligent et de politique industrielle avec la monnaie unique. C’est un frein à l’économie, un obstacle à la reprise. L’euro n’est pas une devise, c’est un instrument politique », disait-elle ce dimanche.