Présidentielle 2017 : les autorités françaises mettent en garde la Russie contre toute ingérence

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Les autorités françaises haussent le ton à quelques semaines de la présidentielle. Les autorités mettent en garde la Russie contre une ingérence dans les élections présidentielles d’avril prochain

A quelques mois de la présidentielle en France, les autorités françaises haussent le ton et mettent la Russie en garde contre une éventuelle ingérence dans l’élection présidentielle d’avril prochain. Ce mercredi, c’est le ministre français des Affaires étrangères qui a tenu à avertir la Russie.

« Nous n’accepterons aucune ingérence dans notre élection, que ce soit par la Russie ou par un autre Etat », a martelé Jean-Marc Ayrault. « Après ce qui s’est passé aux Etats-Unis, il est de notre responsabilité de prendre des mesures nécessaires pour nous assurer que l’intégrité de notre démocratie est pleinement respectée », a-t-il poursuivi.

Ces mises en garde interviennent cette semaine après que le camp Macron a accusé la Russie de manœuvrer contre lui. « Le Kremlin a choisi ses candidats, François Fillon et Marine Le Pen, pour une raison très simple : ils ne souhaitent pas une Europe puissante, ils veulent une Europe faible et donc (…) ils font la promotion de ces deux candidats sur des médias d’Etat », a dénoncé Benjamin Griveaux, porte-parole de Macron.

« Un phénomène inquiétant est en train de se produire au cœur de la présidentielle »

Pour Benjamin Griveaux, les médias d’Etat russes sont en train de dénigrer la candidature d’Emmanuel Macron. A propos des deux médias russes, Griveaux dira : « deux sites financés à 100% par le Kremlin et qui, objectivement, font campagne  de dénigrement de la candidature d’Emmanuel Macron ».

A seulement quelques mois d’une élection très importante, le camp Fillon montre ses muscles et tente à tout prix de défier le Kremlin. Dans une tribune publiée ce 14 février par Le Monde et intitulée « Ne laissons pas la Russie déstabiliser la présidentielle en France », Richard Ferrand, Secrétaire général du mouvement En Marche !, tire la sonnette d’alarme.

« Un phénomène nouveau et inquiétant est en train de se produire au cœur de l’élection présidentielle française. Il s’agit de l’ingérence d’un Etat étranger déterminé à déstabiliser l’un des candidats susceptibles de remporter cette élection : Emmanuel Macron. Cette affirmation grave pourrait prêter à sourire si les éléments la corroborant n’étaient pas aussi manifestes et publics », écrit Richard Ferrand.

« Elles sont organisées et coordonnées par un groupe structuré »

Il poursuit : « le site internet du mouvement En Marche ! et ses infrastructures font l’objet de plusieurs milliers d’attaques mensuelles sous diverses formes. L’objectif est de pénétrer dans nos bases de données et nos boîtes mail afin de les pirater. Si ces attaques réussissaient, l’animation de la campagne En Marche ! deviendrait extrêmement difficile, sinon impossible ».

Le Secrétaire général du mouvement de Macron fournit des détails sur la provenance de ces attaques. « Ces attaques proviennent principalement d’Ukraine, pour près de la moitié d’entre elles. Ce qu’indique de manière certaine la nature de ces attaques, c’est qu’elles sont organisées et coordonnées par un groupe structuré, et non par des hackers solitaires ».

 « Ces deux sites se font le relais privilégié de toutes les attaques »

Richard Ferrand s’en prend à Russia Today et sur Sputnik News. « Depuis plusieurs semaines, Russia Today et Sputnik s’acharnent à répandre  sur Emmanuel Macron les rumeurs les plus diffamatoires. Un jour, il est financé par le ‘lobby gay’, un autre jour, il est ‘agent américain au service du lobby bancaire’. Ces deux sites se font le relais privilégié de toutes les attaques subies par Emmanuel Macron (…) ».

Il est important de rappeler que les mêmes accusations sont faites par les services de renseignement américains qui accusent la Russie d’ingérence dans les élections américaines du 8 novembre 2016 en favorisant Trump au détriment d’Hillary Clinton. La Russie a catégoriquement nié les accusations.