Campagne piratée : le camp Macron accuse la Russie, le Kremlin dément catégoriquement

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L’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, candidat d’En Marche ! a accusé ce mardi 25 avril 2017 des pirates russes d’attaquer sa campagne. Des accusations rejetées par la Russie qui parle de « fausses informations »

A moins de deux semaines du second tour de la présidentielle en France, le camp Macron crie au scandale et accuse des hackeurs russes de s’attaquer à sa campagne. En effet, tout part d’un rapport de 41 pages produit par l’entreprise de sécurité informatique japonaise, Trend Micron.

Dans son rapport, Trend Micro accuse le groupe de hackeurs russes, Pawn Storm (aussi appelés Fancy Bear) d’avoir été activement impliqués dans des activités de cyber espionnage depuis plusieurs années.  D’après Trend Micro, le groupe mène ses activités suivant des objectifs purement géopolitiques et non à but lucratif.

« Des opérations sous faux drapeaux »

« Ses principales cibles sont les forces armées, la défense, les médias, les politiciens et les dissidents », note Trend Micron. Dans son rapport, l’entreprise japonaise va plus loin, soulignant que Pawn Storm va au-delà de l’espionnage. Il tente aussi d’influencer l’opinion publique, les élections et cherche souvent à établir des contacts avec des médias.

D’après Trend Micro, Pawn Storm mène des opérations sous faux drapeaux à travers une méthode particulièrement efficace appelée « Hameçonnage ». Certaines informations sont alors fuitées dans des sites web qui se chargeront de la publication. Trend Micro a également accusé Pawn Storm de se proclamer « hackactivistes » ou lanceur d’alerte pour poursuivre son agenda.

« Ces attaques sont constantes et de toutes sortes »

L’entreprise japonaise ne confirme pas dans son rapport que l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron a été ciblée par Pawn Storm. Toutefois, elle explique que cette hypothèse devrait être prise très au sérieux. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, l’information ne crée aucune surprise.

« Ces attaques sont constantes et de toutes sortes, des attaques par phishing (hameçonnage) depuis décembre, janvier », explique Mounir Mahjoubi, directeur de la campagne numérique d’En Marche ! « Mais, il ne faut pas être naïf non plus. En matière de cyberattaques, un groupe de hackers peut aussi agir pour le compte d’un plus grand groupe ou d’intérêts. Le seul moyen de savoir serait d’enquêter et une campagne présidentielle n’est pas le moment pour cela », ajoute-t-il.

« Ne laissons pas la Russie déstabiliser la présidentielle française »

Rappelons que les soupçons de piratage soulevés par la campagne de Macron ne datent pas d’aujourd’hui. En Février dernier, l’équipe de campagne du candidat d’En Marche ! avait tiré la sonnette d’alarme. « Le Kremlin a choisi ses candidats, François Fillon et Marine Le Pen, pour une raison très simple : ils ne souhaitent pas une Europe puissante, ils veulent une Europe faible (…) », dénonçait Benjamin Griveaux, porte-parole d’En Marche !

L’inquiétude de Benjamin Griveaux avait été partagée par Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche qui, le 14 février dernier, avait publié une tribune intitulée « Ne laissons pas la Russie déstabiliser la présidentielle française » dans Le Monde dans laquelle il dénonçait une ingérence russe dans la présidentielle française.

« La Russie parle de fausses informations »

« Un phénomène nouveau et inquiétant est en train de se produire au cœur de l’élection présidentielle française. Il s’agit de l’ingérence d’un Etat étranger déterminé à déstabiliser l’un des candidats susceptibles de remporter cette élection : Emmanuel Macron. Cette affirmation grave pourrait prêter à sourire si les éléments le corroborant n’étaient pas aussi manifestes et publics », écrivait Richard Ferrand.

Face à ces accusations, la Russie a réagi, rejetant toute implication dans des activités de cyber espionnage contre la campagne d’Emmanuel Macron. Parlant du rapport de Trend Micro, Dmitry Peskov, porte-parole de la présidence russe, a déclaré ce mardi : « tous les rapports que nous vus jusque-là ne sont que des fausses informations ».

Pour lire le rapport intégral de Trend Micron, cliquez ici : Trend Micro