Bruno Le Maire, député LR, tend la main à Macron et provoque l’immense colère de la droite

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Bruno Le Maire, député Les Républicains, a été l’invité de RTL ce lundi 8 mai 2017. L’ancien candidat à la primaire de droite a confirmé avoir été en contact avec Macron et a tenu à répondre à ceux qui le traitent de « traitre » au sein de son parti

Invité sur le plateau de RTL ce lundi 8 mai 2017, Bruno Le Maire, député Les Républicains, s’est exprimé sur la victoire d’Emmanuel Macron lors du second tour de la présidentielle. Sur la question de savoir pourquoi le candidat d’En marche ! est parvenu à devenir président de la France, l’ex candidat à la primaire de la droite estime que Macron « a fait preuve de beaucoup d’audace ».

« Parce que je pense qu’il a fait preuve de beaucoup d’audace et qu’il a aussi compris ce que j’avais voulu porter depuis 2012. C’est que notre pays attend un renouvellement complet de sa vie politique. Il est allé jusqu’au bout de ce renouvellement. Cette victoire présidentielle est la victoire du renouvellement politique ».

« Si la droite ne se renouvelle pas, elle ne gagnera pas »

La journaliste Elizabeth Martichoux lui coupe la parole : « pourquoi y est-il arrivé ? Il fallait être hors parti à votre avis ? ». Bruno Le Maire rétorque : « il fallait peut-être être hors parti, il fallait peut-être ne pas aller dans la primaire, il fallait être encore plus libre. Les Français ont soif de liberté. Le geste présidentiel est un geste de liberté ».

A la question de la journaliste de savoir s’il sous-estimait Emmanuel Macron, le député LR répond : « je n’ai pas l’habitude de sous-estimer ceux qui sont candidats à une élection présidentielle. S’ils le sont, c’est qu’ils ont quelque chose à porter ». La journaliste insiste : « mais, est-ce que vous l’avez vu venir ? C’est cela ma question. A quel moment, vous vous êtes dit : ‘mais, finalement il va y arriver’ ? ».

Bruno Le Maire rappelle avoir averti ses proches que Macron était candidat à la présidentielle, une candidature qui, selon Le Maire, n’avait pas été prise très au sérieux. « On avait senti, certains à l’époque, qu’effectivement ce que portait Macron pouvait aller jusqu’au bout », reconnaît-il. « Si la droite ne se renouvelle pas, elle ne gagnera pas », déplore-t-il.

« Je suis de droite Yves Calvi. Je suis de droite »

Bruno Le Maire note que l’élection de Macron a fait naître un espoir dans le pays. « Il y a aussi un espoir dans notre pays et je pense que cet espoir nous avons intérêt, nous les hommes et les femmes de droite, à le faire vivre parce que c’est bon pour notre pays qu’il y ait de l’espoir, c’est bon pour son image en Europe, dans le monde. Qu’est-ce-qui compte aujourd’hui ? Que nous restaurions la victoire des Français en eux-mêmes à l’intérieur et la dignité de la France sur la scène internationale ».

A la question du journaliste Yves Calvi qui lui demande s’il ne croit plus au clivage Droite/Gauche, Bruno Le Maire répond : « je suis de droite Yves Calvi. Je suis de droite.  Et c’est un homme de droite qui a travaillé avec Jacques Chirac, avec Dominique De Villepin, avec Nicolas Sarkozy. C’est en homme de droite que je dis : ‘il y a une chance, il y a une porte qui s’ouvre. Et bien ! Saisissons-la avec nos convictions de droite, avec nos idées de droite pour que le quinquennat puisse être utile (…) ».

« L’héritier de François Hollande »

Bruno Le Maire confirme qu’il pourrait en effet travailler dans une majorité de gouvernement avec Emmanuel Macron. A la question de la journaliste de savoir à quelle condition, il rétorque : « ce ne sont pas des conditions. C’est une situation politique qui le permettra ou qui ne le permettra pas. Cela dépend des gestes que fera Macron en direction de tout cet électorat auquel j’appartiens ».

Sur le plateau de RTL, Bruno Le Maire prévient que si le premier ministre d’Emmanuel Macron est un socialiste, dans ce cas, le nouveau président français sera « l’héritier de François Hollande ». Sur la question de savoir s’il a eu des contacts directs avec Macron ou avec son équipe, il répond : « oui », sans fournir davantage d’informations sur ces contacts.

« Moi, je garde ma carte et on verra bien ce que font les républicains »

Bruno Le Maire a tenu à répondre à quelques membres de la droite qui le traitent de « traitre ». Il estime que les traitres sont ceux qui ont trahi les valeurs de la droite et qui ont adoubé François Fillon au lieu de lui demander de démissionner. « Je regrette que ma famille politique n’ait pas eu le courage de se prononcer clairement pour Macron au deuxième tour de l’élection présidentielle », regrette-t-il.

Sur la question de savoir s’il est prêt à quitter son parti pour rejoindre la majorité gouvernementale, il répond : « (…) Les deux choses qui motivent ma décision de tendre la main et de dire qu’on peut travailler, c’est la proximité de nos projets et l’opposition avec le projet des extrêmes.  (…) Moi, je garde ma carte et on verra bien ce que font les républicains ».

La main tendue de Bruno Le Maire n’a pas été du goût des Républicains. François Baroin a immédiatement prévenu l’ex candidat à la primaire que « s’il entre dans le gouvernement, et s’il est candidat aux législatives, il aura (face à lui) un candidat LR ou UDI ». « On a connu ça avec Kouchner qui était parti rejoindre Sarkozy. On a notre Kouchner à droite, c’est très bien pour lui », a ironisé Florence Portelli, ancienne porte-parole de François Fillon.

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