Macron au Mali, le hollandisme En Marche (Par Adama SADIO ADO)

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L’une des très rares réussites du quinquennat de François Hollande est l’étranger. Hollande a réussi le pari de faire gagner des marchés importants aux entreprises françaises à l’étranger, notamment en Afrique. Cette diplomatie économique s’est aussi accompagnée d’une diplomatie militaire. Les interventions militaires françaises en Afrique (Mali, Centrafrique..) ne sont point philanthropiques, mais plutôt stratégiques dont la consolidation du statut de puissance mondiale de la France. Sur la scène internationale, le statut de puissance se mérite et l’Afrique est la seule partie du monde où la France peut se jouir de son statut de puissance mondiale et mériter son rang dans le P3 (USA, Russie et France sont les trois pays sur la scène internationale capables d’influer sur le cours de l’histoire selon Albert Bourgi).

« La journée la plus importante de ma vie politique« , affirmait « Papa » Hollande, le 3 février 2013 à Bamako, pris par l’euphorie (diront certains) du succès de l’Opération Serval déclenchée un mois plus tôt. Avec cette prouesse militaire, Hollande a conscience du coup très symbolique qu’il vient de réaliser au Mali. Cela a valu d’ailleurs à « Papa » Hollande un accueil très chaleureux avec tous les honneurs à la Maison blanche, le 11 février 2014, par Barack Obama. « Plus qu’ailleurs, c’est peut-être en Afrique que notre nouveau partenariat trouve son expression la plus visible », affirment Barck Obama et François Hollande dans une tribune commune publiée le « Washington Post » et par « Le Monde ». Comme durant la guerre froide, la France est aujourd’hui le premier partenaire stratégique des Etats-Unis en Afrique dans la lutte contre le terrorisme. Pourtant, au-delà de l’apparence, le sale boulot dans le Nord du Mali est à mettre sur le compte des soldats tchadiens de la Minusma. Ces militaires tchadiens ont payé le plus lourd tribut au Mali au point qu’Idriss Deby devienne aujourd’hui l’homme fort du Sahel et le principal partenaire de la France dans la lutte contre les groupes djihadistes. « Renouvellement des visages et des usages », dit Macron, mais en réalité aucune grande rupture ne sera opérée dans la politique africaine de la France sous le quinquennat du leader du NI-NI. La nomination de Jean-Yves Le Drian, l' »Africain », au Quai d’Orsay en est une illustration.

Adama SADIO ADO

Chercheur en Science politique

adosadio@yahoo.fr

NB: Cette analyse n’engage que son auteur. Elle ne reflète en aucun cas la ligne éditoriale du média Lecourrier-du-soir