Exclusive : l’Arabie Saoudite, l’Egypte et le Bahreïn rompent leurs liens diplomatiques avec le Qatar

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L’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Bahreïn et les pays émirats arabes unis ont annoncé ce lundi 5 juin 2017 avoir rompu leurs liens diplomatiques avec le Qatar, accusé de financer des mouvements terroristes et de prôner un rapprochement avec l’Iran

Rien ne va plus entre le Qatar et ses alliés arabes. L’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Bahreïn et les pays des Emirats Arabes Unis ont officiellement rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar. L’information, relayée par de nombreux médias occidentaux ce lundi, a été confirmée par les médias saoudiens et qataris.

D’après Arabnews, média saoudien proche du pouvoir, les quatre alliés ont annoncé qu’ils mettront fin aux trafics aériens vers le Qatar et retireront leur personnel diplomatique dans ce pays dans les heures qui viennent. Dans un communiqué du royaume saoudien cité par ArabNews, les alliés du Qatar ont annoncé le retrait des troupes qataries qui combattent au Yémen.

« Les mesures sont injustifiées et se basent sur rumeurs qui ne tiennent pas »

Pour le moment, les vraies raisons derrière cette décision restent encore un mystère. Toutefois, les autorités saoudiennes accusent le Qatar « de soutenir des groupes terroristes à Qatif, en Arabie Saoudite et dans le royaume du Bahreïn et de financer des groupes terroristes qui cherchent à briser l’unité et la stabilité de la nation à l’intérieur et à l’extérieur ».

La rupture des relations diplomatiques avec le Qatar suscite déjà l’incompréhension de Doha qui dénonce des mesures injustifiées. « Les mesures sont injustifiées et se basent sur des allégations et des rumeurs qui ne tiennent pas », a commenté ce lundi le ministère qatari des Affaires étrangères.

Rappelons que les liens entre le Qatar et l’Arabie Saoudite n’ont plus été au beau fixe depuis la tentative de Doha de tendre la main à l’Iran, principal ennemi du royaume saoudien dans la région. Rappelons que ce 28 mai, l’Emir du Qatar Emir Tamim Bin Hamad al-Thani et Hassan Rohani, président de l’Iran, s’étaient entretenus au téléphone.

« L’Iran est une grande puissance dans la stabilisation de la région »

Lors de leur conversation, l’Emir du Qatar avait souligné l’importance d’inclure l’Iran dans le dialogue régional. « L’Iran représente une puissance régionale et islamique qui ne peut pas être oubliée et ce n’est pas sage de l’affronter (…) L’Iran est une grande puissance dans la stabilisation de la région », disait l’Emir.

Le 30 mai, Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, visiblement très gêné par le rapprochement entre le Qatar et l’Iran avait adopté un ton menaçant, déclarant : « la patience a ses limites ». Le ministre émirati réagissait en effet aux propos tenus par l’Emir du Qatar critiquant la position du monde musulman de vouloir à tout prix isoler l’Iran.

« Le Qatar nie financer des groupes terroristes »

Dans un message publié sur son compte twitter, Anwar Gargash, sans mentionner le nom de l’Emir du Qatar, avait suggéré à ce dernier qu’il fasse preuve de confiance. « Le droit chemin est à travers l’ouverture, la crédibilité et la confiance. Dans une région perturbée, il n’y a de choix à l’unité du Golfe, et l’Arabie Saoudite en est la pierre angulaire », écrivait le ministre.

Dans la presse arabe, on reproche au Qatar de financer les Frères Musulmans, un mouvement banni en Egypte et accusé de propager une idéologie terroriste. Des accusations dont le Qatar se défend bec et ongles. Le 21 mai, quelques heures après l’arrivée de Trump en Arabie Saoudite, le Qatar avait publié un communiqué niant tout financement destiné à des groupes terroristes.