Mélenchon au JDD : « Edouard Philippe a trahi son parti, il est réduit au néant politique »

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Le chef de la France insoumise a accordé une interview exclusive au JDD publiée sur le site du média ce dimanche 2 Juillet 2017. Plusieurs sujets ont été abordés dont Edouard Philippe, la disparition de Simone Veil, le Congrès de Versailles, la loi Travail, l’immigration entre autres. Au JDD, Jean-Luc Mélenchon dit tout

Sur la question de savoir si le fait de boycotter le congrès est républicain, il répond : « mais le choix du président est-il républicain ? Il opère un coup de force institutionnel en s’exprimant sans débat et sans vote la veille du discours de politique générale du Premier ministre et du vote de l’Assemblée ».

Il ajoute : « il (le président) vient, dicte sa ligne et s’en va. Il franchit un seuil. Celui de l’hyper-présidentialisation sur le mode pharaonique de sa parade devant la pyramide du Louvre le soir de sa victoire. Là-dessus, les députés sont convoqués, sans limite de temps, en saison extraordinaire tout l’été et nous avons quatre jours pour déposer des amendements sur les ordonnances qui renversent tout l’ordre public social (…) ».

Jean-Luc Mélenchon promet un grand rassemblement lundi soir à 18H30 place de la République. Il parle de « briser la chaîne du consentement ». Au JDD, Mélenchon dénonce un coup d’état social. « (…) un coup d’état social s’annonce avec la loi travail par ordonnances et un coup de force institutionnel avec ce Congrès. La pratique pharaonique d’Emmanuel Macron a créé une situation asphyxiante pour tout le monde, y compris ses propres partisans et surtout son Premier ministre ».

« Il vient d’être réduit au néant politique »

Lorsque le journaliste lui rappelle qu’Edouard Philippe, actuel Premier ministre, est en phase avec cette pratique, Mélenchon dira : « a-t-il le choix ? Il a trahi son parti pour faire carrière. Il sait qu’il est un homme seul. Le président le sait et l’a piégé. Edouard Philippe n’a plus d’autre choix que de baisser la tête et de dire oui. S’il démissionnait, ce qu’aurait fait n’importe quel Premier ministre à sa place, il provoquerait une crise. Il ne fera pas. Il vient d’être réduit au néant politique ».

Au JDD, Mélenchon est clair et précis : l’opposant sera « globale et frontale ». « Nous serons une opposition qui argumente et propose afin de convaincre. Le pays nous écoutera. Et je fais le pari qu’on peut faire changer d’avis beaucoup de députés de la République en Marche ! ». Il estime qu’avec des arguments, l’opposition parviendra à faire plier les députés LREM.

« Nous ne lâcherons rien »

Sur la loi Travail, Mélenchon compte ne rien lâcher. « (…) Nous ne lâcherons rien. Nous informerons, nous mobiliserons. S’il faut, nous appellerons nous-mêmes à des mobilisations populaires avec la jeunesse et dans les quartiers ». Sur la décision de la Cour des comptes de geler le point d’indice des fonctionnaires pour limiter le déficit public, Mélenchon dénonce une décision honteuse.

« C’est honteux. Les fonctionnaires sont les têtes à claque du régime. Macron a prévu d’en supprimer 120 000. La lutte contre les déficits est un prétexte : les programmes libéraux veulent détruire l’Etat et les services publics au profit du marché », dit-il. Le chef de file de la France insoumise est également revenu sur la division qui règne au sein de la gauche.

« Agissons contre le régime ! Avançons ! »

Sur ce, il dira : « ne focalisons pas sur l’ambiance de décomposition de la vieille gauche ! Les spasmes d’agonie du PS, du PCF, d’EELV, leur échec électoral terrible et celui de leur complicité pour bloquer la percée de la France insoumise, leurs congrès respectifs, la réunion de Hamon : ce ne sont que des entre-soi juxtaposés ».

Il ajoute : « laissons décanter. La vie est ailleurs. Agissons contre le régime ! Avançons ! Nous avons réuni 7 millions de voix à la présidentielle, bâtit un mouvement de 500 000 personnes autour d’un programme, l’ ‘Avenir en commun’, et formé un groupe parlementaire. Le déploiement d’une force nouvelle est en cours. Bienvenue à tout le monde pour y travailler ».

Pour lire l’interview exclusive, cliquez ici : JDD