Algérie : un ministre dérape et accuse les migrants noirs d’amener « la drogue et les maladies »

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Les déclarations d’un éminent homme politique algérien très proche d’Abdelaziz Bouteflika, président du pays, ont suscité une vague d’indignations. Le ministre a accusé les migrants noirs d’amener « la drogue, le crime et les maladies » en Algérie

Des propos qui choquent. Les propos d’un homme politique algérien suscitent une vive polémique. En effet, Ahmed Ouyahia, actuel ministre d’Etat et directeur de cabinet d’Abdelaziz Bouteflika, actuel président de l’Algérie, a tenu des propos jugés « racistes » envers les migrants noirs africains de passage en Algérie dans le but de rejoindre l’Europe.

Interrogé ce samedi par la chaîne de télé Ennahar sur la présence des migrants noirs en Algérie, les propos d’Ahmed Ouyahia ont indigné plus d’un. « Ces migrants résidant de manière illégale en Algérie sont source de crimes, de drogue et de maladies », a-t-il lancé sur le plateau d’Ennahar.

« Nous ne laisserons pas les Algériens souffrir de l’anarchie »

Il ajoute : « je ne dirai pas aux autorités : ‘jetez ces migrants à la mer ou au-delà des frontières’, mais je dis que quiconque séjournant en Algérie doit obéir à la loi. Nous ne laisserons pas les Algériens souffrir de l’anarchie. Lorsque les gens me parlent de droits de l’homme, je leur dis ceci : ‘nous avons une souveraineté dans notre pays’ ».

Les propos d’Ahmed Ouyahia ont immédiatement suscité une vague de réactions et d’indignations dans les médias. La LADHH (Ligue Algérienne de défense des droits de l’homme) a publié un communiqué condamnant les déclarations du directeur de cabinet du président de la république algérienne.

« Un migrant n’est ni un délinquant ni un criminel »

« Un migrant n’est ni un délinquant ni un criminel ou un transmetteur de maladies. Ces personnes ont fui les guerres, les atrocités pour des raisons politiques et les conflits armées », a martelé Noureddine Benissad, président de LADHH. « Il est de notre responsabilité de les accueillir conformément aux textes internationaux signés et ratifiés par l’Algérie », ajoute le communiqué.

Dans la presse, l’on nous apprend qu’Ahmed Ouyahia n’est pas le premier homme politique à avoir émis des remarques racistes envers les migrants. L’année dernière, Farouk Ksentini, conseiller au président Bouteflika et chef de la commission des droits de l’homme avait accusé les migrants subsahariens de propager le virus du Sida et d’autres maladies en Algérie.

« Nettoyer les Africains de toutes les villes »

Le sentiment nationaliste et la xénophobie ont gagné du terrain en Algérie. D’après, Northafricapost, des militants xénophobes et anti-migrants avaient récemment lancé un hashtag sur Twitter intitulé : « nettoyer les Africains de toutes les villes ». Les conditions de vie des migrants dans ce pays sont de plus en plus difficiles.

En décembre dernier, les autorités algériennes avaient rassemblé plus de 1 400 migrants à Alger avant de les déporter vers la ville désertique de Tamanrasset, situé à 1 900 km au sud-ouest de la capitale. Les migrants avaient finalement été déportés vers le Niger. En Avril 2017, 41 migrants syriens ont été expulsés vers la frontière du Maroc. Les migrants clandestins subsahariens présents en Algérie sont estimés à 100 000, d’après les ONG.