Violence néonazie à Charlottesville : les Démocrates enclenchent la destitution de Trump

0
4387
Donald Trump en conférence de presse sur les incidents de Charlottesville

Donald Trump, fragilisé par ses supposés liens avec la Russie, fait face à une crise sociale qui risque de l’isoler davantage. En effet, sa condamnation tardive aux groupes néonazis après les incidents de Charlottesville a provoqué la colère d’une grande partie de la classe politique américaine. Chez les Démocrates, l’on annonce l’introduction des articles de l’impeachment pour accélérer sa destitution

Les incidents de Charlottesville n’ont toujours pas fini de semer un émoi dans la classe politique américaine. En effet, moins d’une semaine après les violentes altercations entre groupes néo-nazis et militants antiracistes qui ont fait trois morts, le Président Trump est vivement critiqué pour sa réaction jugée trop complaisante envers les suprématistes blancs.

Alors que l’opinion publique américaine attendait une réponse ferme de leur président contre les groupes néo-nazis, la réaction de Trump n’a été que celle-ci : « il y avait un groupe d’un côté qui est méchant et il y avait aussi un groupe d’un autre côté qui était très violent. Personne ne veut dire cela. Mais, je vais le dire immédiatement ».

« Il n’y a pas de bons Nazis »

La réaction de Trump avait immédiatement suscité une vague d’indignations dans la classe politique américaine. Certains l’accusent de s’allier avec les suprématistes. Face à cette situation, les Démocrates ont décidé de sanctionner le président Trump, en introduisant ce jeudi les articles pour sa destitution.

C’est ce qui a été annoncé par Steve Cohen de l’Etat de Tennessee qui a fustigé l’attitude du président américain qui, selon lui, a pris la défense des suprématistes blancs. « Au lieu de condamner sans équivoque les actes de haine des Néo-nazis, les nationalistes blancs (…), le président dit : ‘il n’y avait pas de bonnes personnes des deux côtés’. Il n’y a pas de bons Nazis », dénonce-t-il.

Et d’ajouter : « le président Trump a failli au test présidentiel d’un leadership moral. (…) En tant que Juif, en tant qu’Américain et en tant que représentant d’une communauté afro-américaine, je suis révolté par le fait que le président des Etats-Unis ne pouvait pas se lever pour condamner les Nazis qui tuent les Juifs et dont les prédécesseurs ont tué 6 millions de Juifs pendant l’Holocauste. (…) Aucun président moral n’aurait hésité à condamner avec fermeté la haine, l’intolérance et le sectarisme ».

« On ne peut pas changer l’histoire, mais on peut en apprendre »

Trump risque de susciter davantage la colère de ses détracteurs suite à ses réactions de ce jeudi après l’annonce des retraits de monuments confédérés aux Etats-Unis. Sur son compte Twitter, il s’est dit triste. « Triste de voir la culture et l’histoire de notre grand pays être déchirées avec le retrait de nos jolis statuts et monuments », a-t-il écrit ce jeudi.

Et d’ajouter : « on ne peut pas changer l’histoire, mais on peut en apprendre. Robert E. Lee, Stonewall Jackson ? Qui d’autres ? Washington ? Jefferson ? Trop bête. En plus, la beauté qui est en train d’être enlevée à nos villes nous manquera  beaucoup et ne sera jamais remplacée par quelque chose de semblable ».