Tension au Zimbabwe : l’armée prend le contrôle des institutions, mais dément un coup d’Etat

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Zimbabwe Army General Constantino Chiwenga Commander of the Zimbabwe Defence Forces addresses a media conference held at the Zimbabwean Army Headquarters on November 13, 2017 in Harare. Zimbabwe's army chief on November 13 demanded a "stop" to the purge in the ruling ZANU-PF party after the sacking of vice president Emmerson Mnangangwa, and warned the military could intervene. / AFP PHOTO / Jekesai NJIKIZANA

L’armée zimbabwéenne a annoncé ce mercredi 15 novembre 2017 avoir pris le contrôle des institutions du pays. Le porte-parole de l’armée a confirmé les faits, mais indique que Robert Mugabe et sa famille se portent bien, balayant ainsi toute hypothèse d’un coup d’Etat militaire

Un coup d’Etat militaire se prépare-t-il au Zimbabwe ? La tension entre l’armée et le régime de Robert Mugabe est montée d’un cran ces dernières heures. D’ailleurs, ce mardi, plusieurs véhicules militaires avaient déferlé à Harare, dans la capitale du pays, faisant craindre un éventuel coup d’Etat militaire pour destituer Robert Mugabe, au pouvoir depuis plus de 30 ans.

L’arrivée de véhicules dans la capitale avait fait réagir les autorités du Zanu-PF, parti de Robert Mugabe. Dans un communiqué rendu public, le ministre de l’information, Simon Khaya Moyo, avait mis en garde l’armée, déclarant que le parti au pouvoir ne succomberait pas aux menaces de celle-ci.

« Nous ne ciblons que les criminels qui l’entourent »

Ce mercredi, la situation a pris une nouvelle tournure. L’armée zimbabwéenne assure avoir pris le contrôle des principales institutions du pays. Toutefois, l’armée dément formellement qu’il s’agit d’un coup d’Etat militaire. Dans un discours prononcé en direct à la télé, le Général Sibusiso Moyo, porte-parole de l’armée, a appelé au calme.

« Tout d’abord, nous voulons rassurer la nation que son Excellence, le Président de la République du Zimbabwe, chef d’Etat et du gouvernement, Commandant en chef de l’armée zimbabwéenne, Robert Mugabe et sa famille sont sains et saufs et leur sécurité est garantie », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « nous ne ciblons que les criminels qui l’entourent qui commettent des crimes qui causent une souffrance sociale et économique au pays afin de les traduire en justice. Dès que nous aurons accompli notre mission, nous espérons qu’il y a un retour à la normale ». Dans son discours, le porte-parole appelle les Zimbabwéens à garder leurs sang-froid.

« Robert Mugabe et sa famille seraient arrêtés »

« Nous vous invitons à rester calmes et limiter vos mouvements. Cependant, nous encourageons les employés et ceux qui gèrent des entreprises dans la ville à continuer leurs activités normalement. Notre souhait est que vous puissiez jouir de vos droits et de vos libertés (…) », ajoute-t-il.

Mais déjà, des rumeurs affolent les Zimbabwéens. Car, dans la presse sud-africaine, pays voisin du Zimbabwe, on affirme que Robert Mugabe et sa famille sont arrêtés. D’autres ministres seraient aussi dans la même situation, rapporte South Africain Broadcasting Corporation. L’information n’est pas encore confirmée.