Signature de lois en direct: Macron « américanise » son quinquennat au mépris des Français

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Emmanuel Macron est-il devenu le président français le plus américanophile de la Vème République? Difficile de répondre à cette question, mais force est de constater qu’il n’a cessé depuis son arrivée à la tête de la France d’ « américaniser » (si je puis m’exprimer ainsi) le paysage politique français.

En effet, nous avons presque tous appris ce vendredi que le président français signera trois lois ce samedi à 16H30. La signature en elle-même n’est rien de nouveau dans un pays où d’importantes lois ont été signées ces dernières années. Toutefois, elle devient une information et attire l’attention des médias car elle se fera en direct devant les caméras.

Rappelons que ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron signe une loi sous l’oeil des caméras. Il l’avait déjà fait en septembre lorsqu’il signait la loi de la moralisation de la vie publique, les ordonnances de la Loi Travail. A la signature de chaque loi, la tradition américaine est appliquée au pied de la lettre, autrement dit Macron est entouré des ministres concernés.

Ce style protocolaire purement américain vient de faire son apparition sur la scène politique française, une scène politique qui d’ailleurs s’américanise de plus en plus, il faut le reconnaître. Le parti de droite a été baptisé « Les Républicains » en référence au parti Républicain américain et pour la première fois dans l’histoire de la France, un débat télévisé a réuni les cinq candidats à la présidentielle 2017, tel que cela se fait au pays de l’Oncle Sam.

Sauf que Macron a voulu aller un peu plus loin dans sa volonté d’imposer à tout prix au reste des Français un style protocolaire qui risque de ne pas plaire à beaucoup. Mais, cela ne devrait choquer personne. Car le plus jeune président de la Vème République qui a fait son apparition brusquement sur la scène politique n’a jamais caché son attachement à tout ce qui est américain.

La signature des contrats en direct n’est que l’arbre qui cache la forêt. Rappelons que pendant la campagne présidentielle, Macron avait promis un statut de première dame à son épouse à qui il accorderait un budget, s’inspirant ainsi d’une vieille tradition américaine qui veut que la première dame puisse être dotée d’un budget. Michelle Obama avait choisi, pour son budget, de lutter contre l’obésité.

Face à la polémique provoquée par ce statut, l’Elysée avait fini par publier un communiqué pour s’expliquer. Dans le communiqué, on pouvait lire: « l’épouse du chef de l’Etat ne bénéficie d’aucune rémunération à ce titre; elle ne dispose pas de frais de représentation. Elle ne dispose d’aucun budget propre. Pour exercer ses missions, elle peut s’appuyer sur le cabinet du président de la République ».

Des explications étaient certes nécessaires pour apaiser la colère d’une partie des Français qui craignaient de devoir mettre la main à la poche pour s’occuper des causes qui ne les concernaient pas. Si à cela, on ajoute le déplacement de Macron de ce 6 janvier 2016 à Las Vegas qui a coûté 289 019 euros au contribuable français et l’invitation du président Trump lors de la célébration du 14 juillet, il ne fait aucun doute que Macron est très américanophile.

Néanmoins, cette stratégie de com’ qui consiste à mettre en exergue sa grande ouverture et son immense admiration pour l’Amérique (rappelons que c’est un ex banquier de Rothschild) le distancie de plus en plus des Français qui voient en lui un « président des riches », venu avec l’objectif de leur arracher leurs droits sociaux qu’ils ont obtenus après des siècles de lutte sociale.

Cette stratégie de com’ en effet suscite chez les Français un mépris envers Macron attendu sur d’autres fronts: le chômage qui gagne du terrain, la suppression des postes dans les entreprises, les ordonnances de la Loi Travail qui inquiètent les syndicats, la rupture conventionnelle collective qui permet aux employeurs de se débarraser facilement de leurs employés à tout moment, la question du logement…

Je me permets ici de reprendre la phrase de Chris Bickerton qui, dans un édito publié sur le site du New York Times le 7 septembre 2017, avait défini le Macronisme ainsi: « une rhétorique et un orgueil démesurés, soutenus par des politiques néolibérales conventionnelles ».

Il convient de souligner que depuis son accession à la tête du pays, Macron s’est plus soucié de son image que des vraies préoccupations des Français qui l’avaient pourtant préféré à Marine Le Pen le soir du 7 mai. En sept mois, la machine Macron qui avait pourtant fait rêver tant de jeunes semble ne plus tourner à plein régime.

Le nouveau président est désaxé face aux importants défis qui l’attendent. Son goût prononcé à tout ce qui représente l’Amérique, son mépris de la classe moyenne et son rejet du style protocolaire français confirment que Macron est un président français par défaut.

Edito signé: Cheikh DIENG, fondateur et rédacteur en chef du site d’information www.lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com