Asie, Afrique, Moyen-Orient : Macron a brillamment remis en marche la diplomatie française

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La diplomatie française est bien en marche. Moins d’une année après son élection à la tête de la France, Emmanuel Macron, le plus jeune président de la Vème République et peut-être le plus ambitieux, fait encore parler de lui dans la presse internationale. Il vient en effet de débarquer à l’Empire du pays (Chine) pour une visite officielle de trois jours.

Le président français, que je considère comme le seul porte-parole de l’Europe, a d’emblée entamé sa visite en plaçant le vieux continent au cœur du sujet. Dans un discours prononcé ce lundi à Xi’an, il dira : « (…) il revient à l’Europe et à l’Asie, à la France et à la Chine, de définir et de proposer ensemble les règles d’un jeu dans lequel nous gagnerons tous ou perdrons tous ».

Et d’ajouter : « je suis venu donc dire à la Chine ma détermination à faire entrer le partenariat euro-chinois dans le 21ème siècle pour qu’il s’inscrive dans cette nouvelle grammaire que nous avons à définir ensemble. L’Europe s’engagera résolument dans cette stratégie car elle a désormais conscience de son rôle et de sa place dans le siècle qui commence (…) ».

Dans son discours, le président français a abordé de nombreux sujets dont le climat, l’économie…Il n’y a eu aucun faux pas, ni maladresse. Du début jusqu’à la fin de son discours, le plus jeune président de la Vème République a été brillant, en déclinant clairement les projets qui attendent la France et la Chine, deux poids lourds d’Europe et d’Asie.

Ce qui est à souligner est que cette visite intervient moins de deux mois après le coup de maître de Macron dans la crise politique libanaise. En effet, ce 18 novembre, le premier ministre libanais, Saad Hariri, est venu rencontrer le président français à Paris alors qu’il (Hariri) venait pourtant d’annoncer sa démission depuis Riyad, capitale d’Arabie Saoudite.

Alors qu’aucun dirigeant politique occidental ne voulait s’immiscer dans une crise politique interne qui oppose clairement deux puissances étrangères (l’Arabie Saoudite et l’Iran), Macron joue son va-tout, en recevant, à ses risques et périls, Hariri à Paris et en s’imposant en chef sur la scène internationale. L’objectif était très clair : redonner à la France sa place naturelle dans cette partie du monde où son influence a été de moins en moins importante ces dernières années.

La visite de Macron en Chine intervient également moins d’un mois après une tournée qui l’a mené dans trois pays africains en novembre dernier : Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Ghana. Là également, contrairement à bon nombre de chefs d’Etat français, Macron prend l’énorme risque de reconnaître les crimes commis par la France en Afrique, tel qu’il avait fait en Algérie.

En effet, ce 28 novembre, dans un discours prononcé devant des étudiants africains, le message de Macron a été clair et précis. « Il n’y a plus de politique africaine de la France », disait-il.  Et d’ajouter : « Il y a un continent que nous devons regarder en face. Alors il n’est jamais aisé compte tenu de notre histoire partagée. (…) Et je n’aurais pas la prétention ici d’expliquer la complexité et la diversité d’un continent de 54 pays. (…) Il y a eu des combats, il y a eu des fautes et des crimes ». Un discours qui contraste avec celui prononcé par Sarkozy en 2007 à Dakar dans lequel l’ex président français reprochait à l’homme africain de « ne pas être entré dans l’histoire ».

Ce qui mérite d’être remarqué, dans les déplacements de Macron en dehors de la France, est la volonté du jeune président français à redorer l’image de la France aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de l’Europe à travers des décisions courageuses, voire parfois risquées.

Un courage politique qu’il a su démontrer lors de la crise en Catalogne. Alors que l’Union Européenne ne voulait surtout pas s’immiscer dans les affaires internes d’un Etat souverain, Macron tranche de manière radicale apportant un soutien sans faille à Mariano Rajoy, premier ministre espagnol. « J’ai un interlocuteur en Espagne, c’est le premier ministre Rajoy », avait-il martelé en octobre dernier.

Il n’est pas surprenant que plusieurs médias anglophones, francophones et hispanophones aient souligné son ouverture d’esprit et sa volonté (voire son obsession) de replacer la France et l’Europe au centre du monde, en s’attaquant frontalement à tout ce qui menace la survie de l’Union à savoir le nationalisme et le populisme.

D’ailleurs, ce lundi 8 janvier 2017, le média chinois Xinuanet a salué la visite de Macron qu’il qualifie de « succès » en raison du pragmatisme du président français. Avec Macron, il faut bien le reconnaître, la diplomatie française est bien en marche.

Edito signé : Cheikh DIENG, fondateur et rédacteur en chef du site d’information www.lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com