Varoufakis, ex ministre grec des Finances : « l’Europe est à l’exact opposé de la démocratie »

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Yanis Varoufakis, ex ministre des Finances, a accordé une interview au média espagnol Eldiario. L’ex ministre grec, connu pour ses positions anti-Europe, estime que l’Europe n’est pas démocratique

Yanis Varoufakis n’y va pas de main morte. L’ex ministre grec de la Finance a accordé une interview exclusive au média espagnol Eldiario.es publiée ce 13 janvier. Le cofondateur du parti DIEM25 qui se présentera aux prochaines élections européennes était de passage en Espagne pour présenter son livre « Conversations entre adultes » paru en 2017.

Dans l’interview accordée à Eldiario, Yanis Varoufakis estime que l’Europe est loin d’être démocratique. « (…) L’Europe est à l’exact opposé de la démocratie. Même s’il est vrai que nos Etats membres sont des démocraties dans leur fonctionnement, l’Europe est une zone exempte de démocratie », dit-il.

« Ceci est le triste état de notre Europe d’aujourd’hui ! »

Et d’ajouter : « et voici l’énigme : des Etats parfaitement démocratiques ont transféré toutes leurs décisions cruciales  à un centre qui manque totalement de caractère démocratique. (…) Ceci est le triste état de notre Europe d’aujourd’hui ! ». L’ex ministre grec des Finances s’est aussi prononcé sur le Brexit.

Parlant du Brexit, ses mots font peur. « C’est l’accélération de l’incendie insidieux et lent qui guette l’Europe, son désintégration même ». Dans l’interview, Yanis Varoufakis s’est durement attaqué au gouvernement espagnol qu’il accuse ouvertement d’avoir agi contre les intérêts du peuple espagnol à Bruxelles.

« La crise devient plus profonde, plus toxique et plus permanente »

« Le gouvernement espagnol a fermement agi à Bruxelles contre les intérêts de l’immense majorité des espagnols. Il a imposé l’austérité aux masses et le socialisme aux banquiers et l’oligarchie a fait en sorte que l’administration Rajoy ait peur du peuple. Ainsi, De Guindos (ministre espagnol de l’Economie) a reçu des ordres (depuis l’Eurogroupe) de tout faire pour que notre gouvernement (le gouvernement grec) soit écrasé et que nos propositions modérées soient rejetées », révèle-t-il.

Varoufakis ajoutera : « Pourquoi ? Parce que le gouvernement de Rajoy avait peur que le parti grec Syriza obtienne un accord décent au sein de l’Eurogroupe, car ainsi les espagnols se retourneraient contre le gouvernement de Rajoy l’accusant d’avoir vendu l’Espagne ». Parlant de la situation économique des pays de l’Europe du Sud, il dira : « en réalité, la crise devient plus profonde, plus toxique et plus permanente ».

Pour lire l’interview dans sa version originale, cliquez ici : Eldiario