Australie : le gouvernement veut des visas pour rapatrier les fermiers blancs sud-africains

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White farmers arresting Zimbabwean immigrants who have attempted to cross the South African-Zimbabwean border illegally after cutting holes in the border fence. The men, known as "border jumpers", have been apprehended by the farm owners patrolling their farmland near the border crossing at Musina near Beitbridge. The arrested migrants will be handed over to the police, who will then extradite them to Zimbabwe. However, many of the border jumpers will again attempt to cross the border within only a few hours of their first arrest.

Le ministre australien de l’Intérieur, Peter Dutton, a demandé l’octroi de visas aux fermiers blancs sud-africains pour les accueillir en Australie. Le ministre australien évoque une persécution des fermiers blancs en Afrique du Sud et suscite la colère du nouveau gouvernement sud-africain

Les fermiers blancs sud-africains souffrent-ils en Afrique du Sud ? En tout cas, leurs conditions de vie dans ce pays inquiètent les dirigeants politiques australiens qui appellent à réagir. En effet, tout part d’une enquête menée par le média australien Sky News Australie qui a révélé ce jeudi que les fermiers blancs sud-africains se trouvent dans une situation très compliquée.

D’après Sky News Australia, au moins un fermier blanc est tué chaque semaine dans ce pays. Le média australien précise que les forces de l’ordre manquent de moyens pour faire face à ces agressions. Toujours selon Sky News Australia, plus de 400 fermiers blancs ont été attaqués en 2017.

« Nous devons apporter de l’aide partout où cela est nécessaire »

Face à cette situation, les autorités australiennes veulent réagir pour éviter le pire. Peter Dutton, ministre australien de l’Intérieur, demande la mise en place d’un programme de d’aide aux réfugiés afin d’accueillir des fermiers blancs sud-africains. « J’ai demandé à mon ministère de trouver des moyens d’apporter de l’aide. Nous pourrions fournir plus de visas pour des personnes qui répondraient au programme humanitaire », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « si des gens sont persécutés, que cela soit une persécution religieuse ou en raison de leur couleur de peau ou peu importe, nous devons apporter de l’aide partout où cela est nécessaire ». Les arguments de Peter Dutton ont très vite été rejetés par le gouvernement sud-africain.

« Cette menace n’existe pas »

En effet, le Département sud-africain en charge de la coopération et des relations internationales (Dirco) a immédiatement réagi. « Cette menace n’existe pas », précise un communiqué de Dirco. « Il n’y a aucune raison pour un gouvernement dans le monde d’avancer l’idée qu’une partie des Sud-africains est mise en danger par leur propre gouvernement démocratiquement élu », ajoute le communiqué.

Cette situation intervient moins d’un mois après la chute de Jacob Zuma qui a annoncé sa démission de sa fonction de président de l’Afrique du Sud ce 14 février 2018. Arrivé au pouvoir dans un contexte particulier, Cyril Ramaphosa, nouveau président du pays, a voulu convaincre l’électorat noir en annonçant des mesures symboliques, notamment la réforme agraire.

« Restituer la terre à ceux qui l’entretiennent »

« Restituer la terre à ceux qui l’entretiennent est fondamental pour la transformation de notre société et reste un point critique si nous devons améliorer la vie des personnes pauvres en Afrique du Sud. Nous devons travaillons de manière urgente. Ce sujet est une priorité de notre agenda national », a-t-il déclaré ce mercredi en déplacement à Cape Town.

D’après le média sud-africain, Moneyweb.co.za qui cite une source gouvernementale, les propriétés agricoles et fermières représentent 97% des 121,9 millions d’hectares de terre que compte le pays. Les blancs possèdent 72% des 37 millions d’hectares de terres, soit le double de qu’ils avaient du temps de l’apartheid.