Robert Mugabe : « le nouveau président du Zimbabwe est illégitime »

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Robert Mugabe, ex président du Zimbabwe, a accordé une interview à la presse ce vendredi 15 mars 2018. Il a dénoncé la manière dont l’armée l’a évincé du pouvoir et s’est dit prêt à dialoguer avec le nouveau président du pays, Emerson Mnangagwa, si ce dernier reconnaît qu’il s’agit bien d’un « coup d’Etat »

Robert Mugabe vide son sac. Evincé du pouvoir en novembre dernier, l’ex président du Zimbabwe s’est adressé aux médias pour la première fois depuis sa chute inopinée. Il s’est dit surpris d’avoir été renversé du pouvoir par le nouveau président Emerson Mnangagwa, un homme à qui il avait confié un poste dans son propre gouvernement.

« A mes côtés, j’avais toujours eu Emerson Mnangagwa, je l’ai fait venir dans le gouvernement. Mais, je n’avais jamais pensé que celui que j’avais nourri et fait venir au gouvernement et à qui j’ai sauvé la vie lorsqu’il était en prison menacé de pendaison qu’un jour serait l’homme qui se retournerait contre moi », dit-il devant les journalistes.

« Il est illégal »

Pour l’ex président du Zimbabwe, il est clair et net qu’il a été victime d’un coup d’Etat, même si certains pensent le contraire. « Cela s’est passé comme ça. Cela s’est produit le 15 novembre. J’ai été assisté par l’armée. Je dis que ce fut un coup d’Etat. Certains refusent de l’appeler ‘coup d’Etat’ », dénonce-t-il.

Parlant de son successeur Emerson Mnangagwa, Robert Mugabe dira : « je ne déteste pas Emerson, je l’ai fait venir au gouvernement. Je ne voudrais pas travailler avec lui. Il doit être correct, mais il n’est pas incorrect là où il est. Il est illégitime. S’il est d’accord pour corriger cette illégalité et discuter avec moi, je suis partant ».

« Nous ne méritons pas ceci »

Face à la presse, Robert Mugabe parle de « honte ». « Nous devons corriger cette honte qui nous a été imposée. Nous ne méritons pas ceci, nous ne méritons pas ceci. S’il vous plait, nous ne méritons pas ceci. Le Zimbabwe ne mérite pas ceci. Nous voulons être un pays constitutionnel. (…) Nous devons nous conformer à la loi », insiste-t-il.

Rappelons que Robert Mugabe, âgé de plus de 90 ans, a été évincé du pouvoir en novembre 2017. Il avait dirigé le pays pendant 37 ans manu militari. Les dernières années avant sa chute ont été marquées par une violence particulière à l’égard de l’opposition et de la société civile. Sa chute marque une nouvelle page dans l’histoire de ce pays qui traverse une crise économique sans précédent.