Ouverture à la concurrence de la SNCF : « c’est un grave danger », prévient Philippe Martinez

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Philippe Martinez, patron de la CGT, a été l’invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi 29 mars. Sur le plateau, plusieurs sujets ont été abordés, notamment  la situation de la SNCF. Sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin, Philippe Martinez dénonce une réforme des cheminots très mal engagée par le gouvernement.

A la question de Bourdin qui lui demande si les grèves coûteront chères à l’économie française, il répond : « ça dépend du gouvernement. Pourquoi alors que le gouvernement le sait depuis des semaines que sa réforme est très mal engagée ? Pourquoi alors que la CGT fait des propositions ? Pourquoi le gouvernement arrive dans une salle de réunion en disant : ‘on peut discuter de tout’ et quand on revient, toutes les discussions n’ont servi à rien parce qu’on a la même chose sur la table ? Voilà, c’est ça le problème », s’agace-t-il.

Sur la question de l’ouverture à la concurrence de la SNCF, Martinez précise : « l’ouverture à la concurrence, on n’a pas dit qu’on n’en voulait pas. On considère que ce qui est un service public, quelque chose d’utilité publique, ça peut sortir de cette obligation d’être livrée à la concurrence. Donc, appliquons cette possibilité. »

« Arrêtons-nous là »

Sur la circulation de trains étrangers en France, il dira : « il y en a déjà. Donc, arrêtons-nous là ». Martinez persiste et signe. Pour lui, l’ouverture à la concurrence de la SNCF est un « grave danger ». La question du statut des cheminots a aussi été abordée. « Cela fait deux ans et demi que nous négocions une convention collective pour les travailleurs du ferroviaire et ça n’avance pas », s’agace-t-il.

Il accuse la SNCF d’avoir fait échouer l’avancée de cette convention collective. « Qui met les bâtons dans les roues pour que ça n’avance pas ? La SNCF parce qu’elle a une double casquette la SNCF. Il y a ce que vous connaissez et il y a des tas de filiales privées et donc qui leur permet de négocier dans le privé la convention collective. Ça n’avance pas. Pourquoi ? Parce qu’en ayant des salariés sans droit dans le ferroviaire, ça permet cette petite musique insupportable de dire aux cheminots : ‘vous voyez, vous êtes des privilégiés. Vous avez un statut’. Faisons avancer la convention », lance-t-il.

Pour regarder l’interview dans son intégralité, cliquez ici : Bourdin Direct