« Je me suis sentie insultée par Macron » : la colère de la maire de Bondy sur le rapport Borloo

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Sylvine Thomassin, maire socialiste de Bondy, a été l’invitée d’Elisabeth Martichoux sur RTL ce 23 mai 2018. La maire n’a pas caché sa déception sur le plan banlieue proposé par Emmanuel Macron ce mardi 22 mai à l’Elysée

Alors que le rapport Borloo est sur le point d’être enterré, les maires socialistes tirent la sonnette d’alarme et font part de leur inquiétude. Après la tribune du maire PCF de Saint-Denis, Laurent Russier, qui a demandé à Macron de ne pas « tirer un trait sur le rapport Borloo », c’est autour de Sylvine Thomassin, maire socialiste de Bondy de faire entendre sa voix.

Sur le plateau de RTL, Sylvine Thomassin dit avoir claqué la porte de la salle de l’Elysée où Emmanuel Macron a rencontré les élus locaux ce 22 mai pour aborder la question de la banlieue. « Je suis sortie dix minutes avant la fin quand il a prononcé pour la troisième fois le mot clientélisme en parlant des élus locaux. Je ne pouvais pas supporter plus et donc j’ai quitté la salle en ce moment », a-t-elle expliqué.

Sur RTL, la maire de Bondy dit s’être sentie insultée. « Je me suis sentie insultée par le président de la République. J’ai échangé avec mes collègues qui ont eu le même vécu que moi. C’est juste insupportable. Qu’il vienne vivre notre vie quelques jours (…), et on débriefera, on en parlera quelques jours après », s’agace-t-elle.

« Ce que l’on demande, c’est juste l’égalité »

Sur le plateau de RTL, Sylvine Thomassin refuse de parler d’échec concernant les politiques publiques de la banlieue. « Pour ce qui est des politiques publiques de la banlieue, moi je ne dirai pas qu’il y a un échec. Il faut avoir une profonde méconnaissance de nos villes pour parler d’échec de la politique de la ville », précise-t-elle.

La maire de Bondy fustige la politique discriminatoire dont est victime la banlieue. « Ce qu’il se passe depuis des années est que la banlieue en fait est traitée pas à égalité avec les autres territoires de la République. Nous avons 30% de ressources en moins, 30% de besoins en plus, nous avons moins de policiers, deux fois et demi de moins qu’à Paris (…). C’est terrible. Ce que l’on demande, c’est juste l’égalité », dénonce-t-elle.

Elle estime que Macron se moque des élus locaux. « Soit il n’est pas au courant, soit il se moque de nous. C’est l’un ou l’autre », s’offusque-t-elle.

Pour regarder l’interview dans son intégralité, cliquez ici : RTL