Sommet d’Helsinki : mais, pourquoi Trump a-t-il si peur de Vladimir Poutine ?

0
1258

Un sommet que Donald Trump n’oubliera jamais. Après la rencontre à Helsinki entre Vladimir Poutine, président de la Russie et Donald Trump, 45ème président des Etats-Unis, les médias nord-américains ne cachent plus leur colère. Les médias les plus conservateurs accusent ouvertement le président américain de « trahison ».

L’attitude de Trump lors de cette rencontre n’est en effet pas passée inaperçue. Donald Trump, d’habitude connu pour sa fougue et son politiquement incorrect, a été très timide face au président russe, au point de susciter l’inquiétude de ses compatriotes. Trump a-t-il été trop respectueux envers Poutine ou a-t-il peur du président russe ? Telle est la question que se pose la presse internationale après le sommet d’Helsinki.

Rappelons qu’avant son déplacement à Helsinki, Trump avait déjà rencontré ses alliés de l’OTAN lors d’un sommet qui s’est tenu à Bruxelles ce 11 juillet. Déjà, deux jours avant le sommet, le président américain déclarait ouvertement la guerre à ses alliés, dénonçant les dépenses colossales de son pays au sein de l’organisation.

« Les Etats-Unis dépensent beaucoup plus dans l’OTAN qu’aucun autre pays. Ceci n’est ni juste, ni acceptable. Depuis mon arrivée au pouvoir, ces pays n’ont cessé d’augmenter leurs contributions. Ils doivent continuent à le faire. L’Allemagne est à 1%, les Etats-Unis sont à 4%, et l’OTAN en profite bien », dénonçait-il dans un message publié sur twitter.

La suite de l’histoire, nous la connaissons tous. Trump avait fini par mettre en colère ses alliés de l’OTAN, notamment la France et l’Allemagne. Des alliés qui désormais s’inquiètent de l’avenir de l’organisation. Après avoir semé le trouble à Bruxelles, le 45ème président des Etats-Unis s’est rendu en Grande-Bretagne pour y rencontrer Theresa May.

Là également, il ne passe pas inaperçu. Trump se prononce sur des sujets très sensibles : Brexit, immigration. Avant même son départ pour Londres, il fait un clin d’œil à Boris Johnson, farouche partisan d’un Brexit dur et qui vient de démissionner de son poste de ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Theresa May. Un homme controversé pour qui Trump éprouve une grande admiration. « J’aime Boris Johnson et je l’ai toujours aimé », lance-t-il devant les journalistes.

Jusqu’ici toutes les visites du président américain ont suscité une vague d’indignations. Le président américain, l’un des plus controversés de l’Histoire des Etats-Unis, ne change pas sa tactique. Il multiplie les maladresses et enchaîne les couacs. Chacune de ses phrases donne du grain à moudre à ses détracteurs, notamment les médias.

Toutefois, sa rencontre avec Poutine de ce 16 juillet a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, les journalistes l’attendaient sur un point crucial : son avis sur le rôle de la Russie dans les dernières élections présidentielles américaines. Devant le tout-puissant Poutine, le lion Trump se transforme en agneau et désavoue ouvertement ses services de renseignement.

Interrogé sur les tensions diplomatiques actuelles entre la Russie et les Etats-Unis, Trump ne mâche pas ses mots. Il déclare que son pays a été très stupide. « (…) je pense que les Etats-Unis ont été stupides, je pense que nous avons tous été stupides. On aurait pu avoir ce dialogue il y a longtemps avant même que je n’arrive au pouvoir.  (…) Il n’y a eu aucune collusion et tout le monde le sait ».

Répondant toujours sur une éventuelle ingérence russe dans les élections américaines, il dira : « (…) le Président Poutine vient de dire que ce n’est pas la Russie. Je vais dire ceci : ‘je ne vois pas de raison pour que ce soit la Russie ».

Au lendemain de sa rencontre avec Poutine, Trump s’est priss une grosse claque. En effet, aux Etats-Unis, les médias maintream, indignés de son attitude, parlent ouvertement d’une « humiliation » que le président russe vient d’infliger à l’Amérique. Les services de renseignement américains ne décolèrent pas. Dans un twitte posté ce lundi 16, John Brennan, ex directeur de la CIA, accuse le président américain d’être « à la solde de Poutine ».

En quelques heures, il s’est produit un séisme médiatique spectaculaire. Et Trump, conscient de sa grave erreur, est désormais contraint de jouer le pompier, après avoir été le pyromane. Ce mardi 17 juillet, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, il surprend plus d’un, déclarant avoir commis une erreur dans une de ses  phrases. Tel un linguiste, Trump parle d’une « double négative ».

« Dans une mes phrases, j’ai utilisé le conditionnel mais je ne l’ai pas mis à la forme négative. Donc, la phrase aurait dû être : ‘je ne vois pas de raison pour que ce ne soit pas la Russie’. Peut-être que je n’ai pas été clair dans la vidéo, (…), mais il y avait bien une double négative », explique-t-il.

Après cette conférence de presse, les réactions ont été légion. Et le président américain, une fois de plus, est sous le feu des critiques les plus virulentes en provenance de l’opposition. Il est désormais évident que l’attitude de Trump lors de sa rencontre avec Poutine a été pitoyable et risque de l’isoler davantage. Désormais, même son principal soutien, Fox News, a pris ses distances.

Edito signé : Cheikh DIENG, rédacteur en chef et fondateur du site d’information www.lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com

Twitter : Cheikh_Redac