Julien Dray : « le PS est encore traumatisé par la défaite de la présidentielle de 2017 »

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Julien Dray, député PS (Parti Socialiste), a accordé  une interview exclusive à Liberation. Le proche de François Hollande s’est exprimé sur plusieurs sujets, notamment sur l’Affaire Benalla qui défraie la chronique depuis plus d’une semaine, mais aussi sur l’avenir du parti socialiste

Sur l’affaire Benalla, il dira : « au départ, c’est une faute individuelle, celle d’un garçon qui finit par se croire tout permis. Je reste prudent car je n’aime pas les curées médiatiques, mais il y a un mais, sans être Nestor Burma, je m’interroge tout de suite sur cette panique du gouvernement, cette accumulation de versions, les mensonges ».

« Cette histoire est avant tout un révélateur de l’exercice du pouvoir »

Pour le député PS, cette affaire est un « révélateur de l’exercice du pouvoir ». « Je n’arrive pas à croire à l’amateurisme des protagonistes. En fait, on en vient à se dire que cette histoire est avant tout un révélateur de l’exercice du pouvoir et ses dérives viriles. Or, la virilité n’est pas synonyme de vérité », dit-il.

Analysant le rapport au pouvoir de Macron, Julien Dray dira : « je pense qu’il y a un côté juvénile, qui n’est pas négatif, mais imaginez-vous : il est ministre en 2014, et trois ans après, il a le monde à ses pieds, il y a une forme d’ivresse logique. Le problème, c’est la construction de son entourage, qui doit être une digue et, en ce moment on voit bien que ce n’est pas solide autour de lui. La seule digue que je perçois de l’extérieur, c’est son épouse Brigitte Macron qui, elle, a les pieds sur terre ».

« Pour l’instant, on n’a pas sorti la tête de l’eau »

Parlant de la situation du Parti Socialiste, Julien Dray fait remarquer que les choses ne vont pas pour le PS. « (…) Force est de constater que, pour l’instant, on n’a pas sorti la tête de l’eau, la tâche est difficile mais on ne peut pas continuer sur un rythme lent », explique le député socialiste.

Julien Dray reconnaît que la défaite lors de la présidentielle de 2017 traumatise le PS. « On est encore traumatisé par la défaite, ça se voit dans nos attitudes, nos mots, et il fait un choc. La thérapie, ce n’est pas l’introspection, c’est une erreur. Aujourd’hui, il faut mettre la machine en mouvement. Il y a un triptyque : s’opposer, proposer, rassembler. Aujourd’hui, seul le PS est capable de faire la gauche, avec toute la gauche », expose-t-il.

Pour lire l’interview dans son intégralité, cliquez ici : Libération