Guerre médiatico-judiciaire contre Mélenchon : Insoumis, tenez bon ! (Edito)

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(Une analyse du journaliste Cheikh DIENG)

Nous voilà entrés de plain-pied dans une guerre sans merci contre la France Insoumise. Dans les sondages, l’élite prétend avoir déjà gagné la bataille, en annonçant avoir « tué » le seul et unique opposant d’Emmanuel Macron. En effet, dans quasi tous les médias qui roulent pour le système, Mélenchon est mort politiquement.

Désormais, l’élite veut nous fait croire que le chef de file de la France Insoumise a même perdu d’importants sympathisants à gauche. Mensonge ne peut être plus gros lorsqu’on sait que ces derniers mois, de nombreux partisans du PS ont ouvertement fait acte d’allégeance à la France Insoumise.

Après avoir ourdi une stratégie de diabolisation spectaculaire qui a consisté à mobiliser tous les médias du système pendant une semaine pour trainer dans la boue l’image de la France Insoumise et de son chef de file, voilà que l’élite désigne enfin un juge d’instruction dans cette affaire.

Pourquoi le système n’a-t-il pas commencé par désigner ce juge d’instruction avant de mener les perquisitions ? Telle est ma question et c’est une question qui confirme que nous sommes face à un procès politique totalement manipulé par l’Exécutif qui a vu depuis une année en la France Insoumise un adversaire redoutable.

« Enfin nous revenons à la normale judiciaire. Un juge d’instruction est désigné. Nous sortons des griffes de l’arbitraire dans lequel sont abandonnées 97% des procédures qui passent directement de l’enquête préliminaire au tribunal », s’est réjoui ce vendredi Jean-Luc Mélenchon.

Les perquisitions arbitraires menées dans les locaux de la France Insoumise et chez Jean-Luc Mélenchon resteront gravées dans la mémoire collective. Elles ont eu un seul mérite : avoir confirmé qu’en France, la justice est totalement sous les bottes d’un Exécutif qui peut l’instrumentaliser pour « tuer » tout opposant gênant, et ce en parfaite connivence avec une certaine presse.

Je rappelle que la même stratégie avait été utilisée pour flinguer Fillon en pleine campagne présidentielle alors que ce dernier représentait une sérieuse menace pour le chouchou des médias, Emmanuel Macron. La même stratégie avait également été utilisée pour clouer au pilori le Front National de Marine Le Pen. Cette stratégie avait porté ses fruits. En effet, elle a aujourd’hui provoqué la mort lente du FN et a mis KO Les Républicains.

Contrairement aux Républicains et aux Frontistes, chez les Insoumis, l’espoir ne meurt jamais et que pendant plusieurs années, ils ont évité toute querelle intestine et se sont regroupés en bloc autour d’un seul homme : Jean-Luc Mélenchon. Pour « tuer » la France Insoumise, il faudra, je le pense, une attaque plus virulente et une stratégie plus subtile, car nous avons tous compris que cette affaire n’a été rien d’autre qu’un acharnement politique et une tentative de détourner les Français des défaites politiques essuyées par Macron jour après jour. Cela, même les opposants les plus hostiles à Mélenchon l’ont reconnu.

La stratégie de diabolisation qui vise la France Insoumise reprendra de plus belle, je vous l’assure. Pour le moment, la stratégie du système est uniquement de faire barrage à la France Insoumise et de lui saboter les Européennes. A-t-elle porté ses fruits ? Difficile de répondre à cette question. Les résultats des Européennes nous le diront.

Face à la mort lente du PS et du FN, à l’affaiblissement des Républicains, la France Insoumise reste la bête à abattre. Sa prouesse réalisée lors des dernières élections présidentielles a désaxé le système. Plus ce parti est uni, mieux il fera face à toute attaque, aussi violente soit-elle, venant du système. Pour éviter le chaos politique, son seul salut réside désormais dans une unité indéfectible autour d’un projet commun. Insoumis, tenez bon !

Cet édito n’engage que son auteur. Il ne reflète en aucun cas la ligne éditoriale du journal Lecourrier-du-soir.com, média libre et indépendant