Cohn-Bendit s’attaque aux Gilets Jaunes : « il y a une tentation autoritaire et totalitaire »

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Daniel Cohn-Bendit, militant écologiste et homme de gauche, a été l’invité de France Inter ce mardi 4 décembre. L’interview a été particulièrement dominée par la question des gilets jaunes, une crise secoue profondément le gouvernement actuel. Pour Daniel Cohn-Bendit, c’est une crise politique

« C’est une crise politique dans le sens que le gouvernement et donc aussi le président de la République n’ont pas réussi en fait à être à la hauteur de la campagne présidentielle du président de la République. (…) Visiblement, ils n’ont pas réussi par des mesures concrètes à montrer qu’on va dans cette direction », réagit-il.

Réagissant sur le phénomène des gilets jaunes, l’ex figure de Mai 68 dira : « en 68, on se battait contre un général au pouvoir, les gilets jaunes aujourd’hui demandent un général au pouvoir. Donc, il y a une différence. (…) En Mai 68, jamais quelqu’un aurait menacé de mort quelqu’un qui voulait discuter », explique-t-il.

Et d’ajouter : « aujourd’hui, on n’est pas dans une période révolutionnaire, on est dans une période de tentation autoritaire. Il y a une véritable crise sociale, d’illégalité, d’injustice dans ce pays, mais il y a aussi une tentation pour répondre à ça, une tentation autoritaire et totalitaire ».

« Il n’a aucune expérience politique »

Daniel Cohn-Bendit propose des solutions. « Il faut donner une prime exceptionnelle à tous ceux qui sont au-dessous du SMIC. Deuxièmement, il faut remettre les corps intermédiaires et puis il faut qu’il (Emmanuel Macron) aille plus loin ». Sur France Inter, l’écologiste dénonce l’incapacité de Macron à se remettre en question.

« Il n’a aucune expérience politique, il faut dire les choses comme elles sont. Il est arrivé là parce que les autres étaient d’une faiblesse incroyable, c’est pour ça qu’il est passé par un trou de souris. Et maintenant, il découvre l’ampleur de la politique. Ce n’est pas une honte », lance-t-il.