Côte d’Ivoire : Henri Bédié rompt son alliance avec Ouattara et prépare son retour au pouvoir

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Henri Bédié, ex président de la Côte d’Ivoire et chef de file du parti PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) s’est prononcé sur son alliance avec l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara au sein du mouvement RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix) dans une interview accordée à France 24

Henri Bédié, ex président de la Côte d’Ivoire, a été l’invité de France 24. Sur le plateau, plusieurs sujets ont été abordés sur l’actualité politique de la Côte d’Ivoire, mais aussi sur ses relations avec Alassane Ouattara, actuel président du pays. Dans l’interview, il a confirmé que l’alliance qui le liait à Ouattara n’existe plus.

« Je dirai que l’alliance RHDP, groupement politique, qui a été créé en 2005 à Paris n’existe plus. Nous nous sommes séparés après beaucoup de divergences. Je le répète, nos partis fonctionnent séparément conformément aux instructions de leurs organes statutaires », a-t-il déclaré.

« Il y a eu des manquements au bon déroulement de notre alliance »

A la question de savoir s’il parle toujours avec Alassane Ouattara, Henri Bédié rétorque : « nous nous parlons. Lorsque le président Ouattara ne m’a pas vu à Yamoussoukro, le soir même en rentrant à Abidjan, il m’a téléphoné pour savoir comment j’allais. Et nous avons échangé cordialement ».

A la question de savoir s’il considère qu’Alassane Ouattara a trahi le pacte qu’il a passé avec lui, l’ex président ivoirien répond : « je n’emploierai pas des mots trop forts comme ‘trahir’. Je dirai qu’il y a eu des manquements au bon déroulement de notre alliance. Effectivement, le problème de l’alternance au profit du PDCI est un de ces problèmes. »

« Je le regrette »

Et d’ajouter : « mais, il y en a d’autres. Il y a surtout la volonté de créer un nouveau parti, le parti unifié, RHDP et qui se fait selon leur volonté sans désirer véritablement la participation du PDCI-RDA. » Henri Bédié dénonce le fait que l’on n’ait pas tenu compte du « poids du PDCI-RDA dans l’alliance et du rôle essentiel qu’il a joué dans l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir, à la magistrature suprême en Côte d’Ivoire. »

Henri Bédié dit regretter d’avoir été trop généreux avec Alassane Ouattara. « Après coup et maintenant, je le regrette », confie-t-il. Sur le plateau de France 24, il a confirmé que son parti se présentera à la présidentielle de 2020 et qu’un candidat sera désigné lors d’une convention nationale qui se tiendra en 2019.

« Nous n’avons jamais fait savoir qui sera le candidat à la présidentielle de 2020 »

A la question de savoir s’il sera candidat à la présidentielle de 2020, l’ancien président ivoirien veut faire durer le suspense. « Nous n’avons jamais fait connaître qui sera candidat du PDCI en 2020. Nous avons toujours dit que c’est la convention du parti qui désignera le candidat du PDCI-RDA », a-t-il fait savoir, sans exclure de se présenter en 2020.

Sur la question de ses éventuelles alliances contre Alassane Ouattara, Bédié dira : « nous pensons qu’après la rupture de notre alliance, à la demande de plusieurs autres partis politiques qui m’ont sollicité, nous pensons prendre la tête de la formation d’une nouvelle plateforme plus vaste comprenant tous les partis politiques qui partagent les valeurs de la non violence, de la tolérance et de l’état de droit ».

« 7 ans, ça suffit pour la justice »

Bédié dit avoir pris langue avec Laurent Gbagbo sur son projet d’alliance contre Ouattara. « Absolument, je l’ai informé. Nous étions en train de mettre en place une nouvelle plateforme et il m’a donné son accord récemment pour contacter le FPI (Front Populaire Ivoirien, dirigé par Gbagbo, ndlr). »

Dans l’interview, Henri Bédié ouvre les portes de sa formation à Guillaume Soro. « La main est tendue », soutient-il. L’ex président ivoirien s’est aussi exprimé sur le procès de Laurent Gbagbo à la CPI (Cour Pénale Internationale). « Quels que soient les crimes qu’il a commis, je pense que 7 ans ça suffit pour la justice. (…) J’espère vivement qu’il soit libéré, qu’il retrouve la liberté, sa liberté et qu’il rentre en Côte d’Ivoire », a-t-il conclu.