Accuser la Chine d’avoir créé le virus : la dernière tentative de Macron pour enfumer le peuple ?

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Quand on se sert de la Chine pour se dédouaner ! Emmanuel Macron et plusieurs autres dirigeants politiques du monde ont trouvé en pleine crise sanitaire la parfaite excuse pour se dédouaner et éviter de rendre plus tard des comptes à leurs peuples, en accusant sans preuve la Chine d’avoir fabriqué le Covid-19 dans un de ses laboratoires situés à Wuhan.

Parlant de la Chine, Macron dira : « des choses se sont passées qu’on ne sait pas ». En pleine crise sanitaire, alors que la colère du peuple gronde, le président français semble avoir trouvé la bonne justification qui lui permettrait, une fois la crise finie, de se laver de tout soupçon concernant la mauvaise gestion et l’incurie dont son gouvernement a fait preuve durant cette pandémie. Je reconnais que Macron aurait voulu faire mieux et qu’il a aussi fait de son mieux, mais l’amateurisme dont son équipe a fait preuve est tout simplement hallucinant.

Personne ne nie l’hypothèse que la Chine puisse avoir fabriqué le virus. Personne ne nie non plus l’hypothèse que ce virus ait servi d’arme de guerre contre la Chine devenue, ces dernières années, une véritable menace aux Etats-Unis et à l’Occident « sur le plan géopolitique, économique et militaire », pour reprendre les propos de William Barr, actuel ministre américain de la Justice.

En tout cas, jusqu’ici le seul point sur lequel nous sommes, pour le moment, tous d’accord est qu’aucune preuve n’est encore disponible pour pointer du doigt la responsabilité de la Chine ou des Etats-Unis dans l’apparition d’un virus mortel qui a complètement changé notre monde. Et pour toujours !

Les accusations prématurées contre la Chine sont d’autant plus dangereuses qu’il y a dix-sept ans, les Etats-Unis avaient accusé à tort l’Irak de fabriquer des armes de destruction massives. Des agents de l’AIEA avaient effectué deux missions en Irak et n’avaient jamais rien trouvé. Cela n’a, pourtant, pas empêché qu’une invasion militaire américaine ait lieu. L’Irak a été détruit et totalement ravagé. Et, comme par hasard, dix-sept ans plus tard, les agents de la CIA et l’administration Bush reconnaissent que ce pays ne détenait aucune arme de destruction massive.

Le gouvernement français serait trop naïf de penser que le peuple français va, du jour au lendemain, le blanchir pour finalement décharger sa bile sur la Chine en se basant des accusations, je ne dirai pas fallacieuses, mais pour le moment complètement infondées. II nous faut encore davantage de preuves et nous ne les avons pas.

La seule réalité à laquelle Macron et son gouvernement doivent faire face est celle d’une immense colère venant du peuple. Et cette colère risque, à la fin de cette crise, d’avoir des conséquences désastreuses pour le pouvoir. En effet, je dois rappeler que plusieurs plaintes ont été déposées contre Edouard Philippe et Agnès Buzyn et Macron devra s’attendre, en tant que chef de l’Etat, à rendre des comptes au peuple français.

La gestion de la crise a été lamentable à tous les niveaux. Sur le plan sanitaire, les Français se sont rendu compte que leur pays, pourtant deuxième puissance économique européenne après l’Allemagne, n’avait même plus de stock de masques pour protéger sa propre population, notamment les policiers et aides soignants qui sont en contact avec les gens quotidiennement. Et il y a un détail qui est presque passé inaperçu, c’est qu’à la fin du mois de mars, la France a accepté de déployer des médecins cubains dans ses départements d’outre-mer. Qui l’aurait cru il y a deux mois ?

Sur le plan économique, la crise est déjà là. Le PIB vient de chuter de 8% et près de 9 millions de Français sont en chômage partiel. Le secteur du tourisme prévoit une perte de 10 milliards d’euros, le secteur de l’automobile a enregistré une chute historique de 72,2%, la dette française pourrait bien franchir le cap des 100% du PIB et le pays est entré en récession il y a une semaine.

Sur le plan politique, c’est la catastrophe. La communication du gouvernement depuis le début de la crise a été un désastre total, notamment sur la question des masques où, il faut le reconnaître, l’Exécutif a eu recours à des mensonges pour fournir des explications qui n’ont jamais convaincu les Français. Et la révélation qui a été faite ce 15 avril et selon laquelle l’Etat a commandé 650 drones pour surveiller la population en plein confinement donne à l’Exécutif l’image d’un gouvernement autoritaire qui se soucie plus de la surveillance de ses citoyens que de leur état de santé.

Faire de la Chine un bouc-émissaire est trop facile, même si, évidemment, la Chine reste un régime communiste dictatorial dont les méthodes sont parfois loin d’être transparentes. Néanmoins, l’attitude d’un Etat digne de ce nom dans un contexte exceptionnel n’est point de faire porter le chapeau à un ennemi qui se trouve à des milliers de kilomètres de son territoire, mais plutôt d’assumer la lourde responsabilité d’avoir minimisé la crise jusqu’à ce que celle-ci se produise.

En effet, si l’Exécutif avait réagi en janvier lorsqu’il a été alerté par Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, peut-être qu’on n’en serait pas là. Si, une fois arrivé au pouvoir, l’Etat avait mis l’accent sur la nécessité de protéger les Français en débloquant des milliards d’euros pour s’acheter des masques pour faire face à d’éventuelles crises, peut-être qu’on n’en serait pas là. Un péché capital a été commis et à la fin de la crise, il sera sanctionné par le peuple.

L’heure n’est pas à chercher des bouc-émissaires pour se dédouaner. Trop tard ! Le coup est déjà parti. Maintenant, il faudra continuer à gérer la crise en essayant autant que faire ce peut d’éviter de jeter de l’huile sur le feu ou de jouer à la victime. Le peuple veut des actes et il les veut maintenant.