Pression dans l’affaire Fillon : Houlette lâche une bombe : “il y a eu 17 rapports à la demande express du parquet général”

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Eliane Houlette, ex patronne du Parquet National Financier (PNF), a contredit une nouvelle fois Catherine Champrenault, procureure générale du Paris, directement rattachée au ministère de la justice. Cette dernière avait nié toute influence sur le PNF dans l’affaire Fillon. Mais, Eliane Houlette la dément, soulignant plus de “17 rapports par messagerie électronique et synthèses d’audition à la demande express du parquet général”

L’affaire Fillon est loin d’avoir connu son épilogue et Eliane Houlette, ex patronne du parquet national financier, n’en finit pas de faire parler d’elle. En effet, trois semaines après avoir révélé les pressions qu’elle avait subies sur l’affaire Fillon, elle contredit désormais totalement la version qui a été donnée par Catherine Champrenault, procureure générale de Paris qui avait démenti toute influence sur le PNF.

En effet, selon Le Canard Enchaîné cité par Valeurs Actuelles, Catherine Champrenault dit n’avoir réclamé que “quatre remontées d’informations” avant d’ajouter que beaucoup plus de remontées spontanées avaient faites par le PNF sans que le parquet général n’en fasse la demande.

“17 rapports par message électronique et synthèse d’audition”

Cette version de Catherine Champrenault a été totalement démentie par Eliane Houlette qui, selon Valeurs Actuelles, a fait état de pas moins de “17 rapports par message électronique et synthèses d’audition, à la demande express du parquet général”. Et Eliane Houlette de révéler lors d’une audition par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) : “à ces échanges par messagerie électronique s’ajoutaient des demandes orales et les réunions hebdomadaires avec la procureure générale”.

Il convient de rappeler qu’Eliane Houlette qui a pris sa retraite en 2019 avait secoué l’institution judiciaire française en juin dernier en révélant avoir fait l’objet d’une forte pression dans l’affaire Fillon. “je l’ai personnellement vécue, avec des demandes parfois, deux ou trois demandes dans la même journée. Les demandes de transmission rapide des éléments sur les dernières investigations, les premiers éléments sur les actes de la veille avant 11 heures, les demandes de précision, les demandes de chronologie générale…Et tout ça, à deux jours d’intervalle ou à trois jours. Donc, quand je dis que c’est un contrôle étroit, c’est un contrôle extrêmement étroit”, avait-t-elle révélé aux députés ce 10 juin.

Depuis, Elianne Houlette est carrément entrée en guerre contre une administration judiciaire qui a été très politisée dans une affaire d’Etat qui avait complètement chamboulé la campagne présidentielle de 2017. Plus d’un mois après ses graves révélations, Eliane Houlette ne recule devant rien. Désormais, elle refuse catégoriquement de se soumettre. D’ailleurs, on a appris ce 22 juillet du journal Le Monde que l’ex patronne du Parquet National Financier a refusé de répondre à la convocation de l’Inspection Générale de la Justice prévue ce 25 août.